Cultiver l’optimisme – Partie 1

Mai 2014

Mai 14J’ai donné une conférence sur l’Art de cultiver l’optimisme en avril dernier. J’ai donc pensé vous livrer, au cours des prochains bulletins, quelques stratégies pour développer votre optimisme tant au travail que dans votre vie personnelle.

Définitions de l’optimisme

Voyons d’abord quelques définitions de l’optimisme :

  • Voir le verre d’eau à moitié plein au lieu d’à moitié vide.
  • Regarder le bon côté des choses.
  • Voir à travers une boule de cristal un avenir rempli de belles choses.
  • Pratiquer l’art de l’espérance.
  • Anticiper globalement un avenir positif, c’est-à-dire, avoir la certitude que l’on pourra atteindre ses objectifs d’une façon ou d’une autre et que les choses finiront par s’arranger en dépit des revers et des déconvenues.
  • Croire que l’on possède à la fois l’envie et les moyens d’atteindre les objectifs que l’on se fixe, quels qu’ils soient.

En résumé, une personne optimiste, c’est quelqu’un qui voit le bon côté des choses et qui est capable d’éprouver le sentiment que le dénouement d’une situation incertaine lui sera favorable, qu’il trouvera la solution, qu’il y a une issue et qu’elle sera positive pour lui.

Mais comment réussir à demeurer optimiste devant les événements négatifs qui arrivent dans nos vies? Une des stratégies réside dans la manière dont on a de nous expliquer nos difficultés. Selon Martin Seligman, psychologue de renommée internationale sur l’optimisme, nous avons tendance à utiliser trois dimensions pour expliquer nos difficultés.

Première dimension pour expliquer nos difficultés : la permanence

Par exemple, en réponse à une déception, comme le fait de ne pas avoir réussi un examen de promotion, une personne pessimiste verra dans ce revers un phénomène permanent qui persistera, qui sera toujours là pour lui empoisonner la vie. Elle aura recours à des mots comme « toujours » et « jamais » : « J’échoue toujours à mes examens. », « Je ne réussis jamais mes examens. »

Au contraire, une personne optimiste atténuera ses propos en parlant plutôt « d’aujourd’hui » et « de ces derniers temps » et mettra ainsi les difficultés sur le compte de conditions temporaires : « J’ai échoué à l’examen du printemps dernier. »

Par conséquent, pour développer une vision optimiste de nos difficultés, il est important de nous les expliquer en termes de difficultés temporaires et non de difficultés permanentes.

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Deuxième dimension pour expliquer nos difficultés : la généralisation

Alors que la permanence a trait au temps, la généralisation a trait à l’espace dans lequel nous nous mouvons. Par exemple, devant le même fait d’avoir échoué à l’examen de promotion, la personne pessimiste généralisera et se comportera comme si la difficulté avait envahi la totalité de sa vie. Elle arrêtera, par exemple, de s’investir dans sa vie familiale et sociale, de faire son jogging, d’aller à des soirées. Elle s’effondrera plutôt et broiera du noir.

Au contraire, la personne optimiste parviendra à enfermer ses problèmes dans une case et à continuer de mener sa vie, même quand un élément capital de celle-ci – travail, amour – se détériore. Elle restera autant investie dans sa vie de couple, sa vie sociale suivra son cours habituel et elle continuera à s’entraîner trois fois par semaine, par exemple.

Par conséquent, pour développer une vision optimiste de nos difficultés, il est important de nous les expliquer en termes de difficultés spécifiques qui touchent une partie de notre vie seulement et non en termes de difficultés générales qui envahissent la totalité de notre vie.

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Troisième dimension pour expliquer nos difficultés : la personnalisation

Il reste une dernière dimension que nous utilisons pour expliquer nos difficultés : la personnalisation. Les personnes pessimistes les attribuent à une déficience personnelle dont elles ne pourront jamais se défaire. Elles se jugent sans valeur et sans talent, ce qui débouche en général sur une perte d’estime de soi. Elles les intériorisent alors de cette façon : « Je suis bête. », « Je ne vaux pas un clou. »

À l’inverse, les personnes optimistes les extériorisent en rejetant sur des circonstances extérieures la responsabilité de leurs difficultés et ne se sentent pas dévalorisées par un échec : « Les conditions n’étaient pas favorables pour la réussite de cet examen. Je vivais une séparation et je manquais de sommeil. » ou « Je m’y suis mal pris pour compléter cet examen. »

Par conséquent, pour développer une vision optimiste de nos difficultés, il est important de considérer que ce sont des circonstances extérieures qui sont responsables de ces difficultés et non pas une déficience personnelle puisque cette attitude vous permettra de modifier votre approche la prochaine fois.

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En conclusion, Martin Seligman mentionne qu’il est important d’avoir un débat intérieur positif avec nous-mêmes chaque fois que nous vivons des difficultés. Vous vous assurez ainsi de les expliquer en termes de difficultés temporaires, spécifiques et attribuables à des circonstances extérieures.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en juin pour le prochain bulletin sur le sujet.