Développer votre résilience… avec le modèle PERMA

Août 2017

63931604 - hand searching online on white background with text: resilienceLa résilience est notre capacité à rebondir face aux difficultés. Certaines personnes la possèdent plus que d’autres. Heureusement, elle se développe!

Prenons, par exemple, Yannick et Pierre, deux diplômés universitaires qui ont été licenciés par leur entreprise il y a 18 mois. Les deux étaient tristes, indécis et anxieux au sujet de leur avenir. Cependant, pour Yannick, cette situation était transitoire. Après deux semaines, il s’est dit : « Ce n’est pas de ma faute, c’est l’économie qui ralentit actuellement. Je suis bien dans ce que je fais, et il y aura sûrement un marché pour mes compétences ». Il a mis à jour son curriculum vitae et l’a envoyé à une douzaine d’entreprises qui l’ont rejeté. Il l’a ensuite fait parvenir à six entreprises dans une autre ville et a finalement obtenu un poste. Pierre, par contre, était désespéré : « J’ai été congédié parce que je ne peux pas fonctionner sous pression, pensa-t-il. Je ne suis pas doué pour les finances. L’économie prendra des années à se redresser ». Même si le marché s’est amélioré, il n’a pas cherché un autre emploi; Il est retourné vivre avec ses parents.

Yannick et Pierre se situent aux deux extrêmes quant à leurs réactions. Les Yannick de ce monde rebondissent après une brève période de malaise. Dans un délai d’un an, ils ont grandi grâce à leur expérience. Au contraire, les Pierre passent de la tristesse à la détresse à une peur paralysante du futur et voient leur carrière bloquée.

Pourtant, l’échec est une partie presque inévitable du travail, et ce sont des gens comme Yannick qui arrivent au sommet et que les organisations doivent recruter et conserver afin de réussir. Mais peut-on distinguer les Yannick des Pierre dans la vie? Aussi, est-ce qu’un Pierre peut devenir un Yannick? La capacité de résilience peut-elle être enseignée?

La réponse à ces trois questions est « oui ». Le psychologue américain Martin Seligman a passé les 30 dernières années à étudier la résilience afin de comprendre pourquoi certaines personnes se remettent d’un revers et pourquoi d’autres éprouvent un sentiment d’impuissance. Avec son équipe de l’Université de Pennsylvanie, il a créé le programme de résilience Penn. Ensemble, ils donnent une formation en matière de résilience pour réduire le nombre d’employés qui ont du mal à affronter l’adversité et pour augmenter le nombre de ceux qui s’épanouissent.

Son programme de résilience se base sur son modèle PERMA. Martin Seligman a passé de nombreuses années à développer une théorie du bonheur. Il voulait identifier des blocs de bien-être. Il a élaboré un modèle de bien-être à cinq dimensions appelé le modèle PERMA. Ensemble, ces cinq dimensions forment le fondement solide sur lequel nous pouvons construire une vie heureuse et florissante :

P : émotions positives (« positive emotion »)
E : engagement (« engagement »)
R : relations (« relationships »)
M : sens (« meaning »)
A : accomplissement (« accomplishment »)

Ainsi, son programme de résilience parle de l’importance :

  • de l’optimisme et des pensées réalistes pour engendrer des émotions positives;
  • de l’utilisation de nos forces pour être engagé et concentré à 100 % dans le moment présent;
  • de relations interpersonnelles de qualité pour bénéficier d’un réseau de soutien dans les difficultés;
  • du sens donné à son travail en contribuant au bien-être des autres;
  • de l’accomplissement et de buts à atteindre pour être motivé au travail.

Si vous désirez en connaître davantage sur le modèle PERMA et les outils de résilience s’y rattachant, une formation sur « Développer votre résilience face aux changements » sera offerte à Montréal le 26 septembre et à Québec le 28 septembre.

Sur ce, je vous souhaite une belle fin d’été et au plaisir de vous retrouver en septembre pour le prochain bulletin.

Citation du mois
« Nos habitudes de pensée ne sont pas permanentes. Une des découvertes les plus importantes en psychologie dans les 20 dernières années est que les individus peuvent choisir leur façon de penser. » – Martin Seligman

Priorité au plaisir

Décembre 2015

PlaisirLa fin de l’année est le moment idéal pour faire le bilan de l’année écoulée et prendre des résolutions pour la nouvelle année. Je vous propose donc, dans ce bulletin, de faire ce bilan sous l’angle du plaisir ressenti dans votre vie.

Rémi Tremblay et Diane Bérard, dans leur livre La chaise rouge devant le fleuve, font une distinction intéressante entre le plaisir, le bonheur et la joie.

Pour expliquer ces concepts, les auteurs se servent de l’exemple du thé. Le plaisir, propulsé par les sens, c’est sentir le thé, le goûter, le boire. Le bonheur, c’est partager le thé avec un être cher. La joie, c’est nommer le bonheur à l’autre au moment de prendre le thé, c’est avoir de la gratitude, une fois la rencontre terminée, pour tous les humains qui ont contribué à ce que les feuilles de thé se retrouvent dans la tasse et pour cet être cher qui partage votre vie.

Ainsi, lorsque vous répondrez aux questions ci-dessous*, pour faire le bilan du plaisir ressenti dans votre vie, pensez à ce qui pourrait vous apporter non seulement plaisir, mais aussi bonheur et joie.

Quels sont vos trois centres d’intérêt dans la vie?
(Exemple : lire, rencontrer mes amis, voyager.)

1._______________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Pour chaque centre d’intérêt, combien de temps y consacrez-vous en moyenne et de quelle manière?
(Exemple : je lis 30 minutes par jour au dîner.)

1.________________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Êtes-vous satisfait du temps que vous consacrez à chacun de vos centres d’intérêt et de la manière dont vous vous y prenez? Pourquoi?
(Exemple : j’aimerais lire davantage, mais la façon dont je m’y consacre me convient parfaitement puisque cela me permet de m’évader et de me détendre avant de reprendre le travail en après-midi.)

1.________________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Qu’est-ce qui vous satisferait davantage?
(Exemple : j’aimerais échanger sur les livres et être stimulé davantage.)

1.________________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Que pourriez-vous faire pour cela?
(Exemple : je vais m’inscrire à un club de lecture.)

1.________________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Qu’est-ce qui peut vous empêcher aujourd’hui de vous consacrer à vos centres d’intérêt? Comment pouvez-vous surmonter ces obstacles?
(Exemple : le temps que je consacre à mes enfants ; je peux partager avec eux mes lectures.)

1.________________________________________________________________________

2._______________________________________________________________________

3._________________________________________________________________________

Cet exercice vous permettra de faire le point sur l’importance que vous accordez à vos centres d’intérêt actuellement et de corriger le tir, au besoin, pour ressentir plus de plaisir, de bonheur et de joie dans votre vie.

Sur ce, toute l’équipe de Manuri Formation se joint à moi pour vous souhaiter de merveilleux moments pour la période des fêtes en présence de votre famille et de vos amis. Que l’année 2016 soit remplie de Santé, de Paix, d’Amour et de Joie!

____________________
* Tiré du livre 50 exercices pour penser positif, Philippe Auriol et Marie-Odile Vervisch, Eyrolles, 2011.

L’invisible gorille

Mai 2015

CaptureTout le monde a expérimenté ce curieux phénomène où on ne voit pas un objet pourtant situé juste sous nos yeux. Cette cécité attentionnelle ou ce manque d’attention a été étudié par deux professeurs en psychologie, Daniel Simons de l’université de l’Illinois et Christopher Chabris de l’université Harvard.

Ces deux psychologues ont développé un test de l’attention où on vous demande, dans une vidéo, de compter le nombre de passes de ballon que font les joueurs en chandails blancs d’une équipe de basketball. Si vous n’avez pas déjà passé ce test, je vous invite à arrêter votre lecture ici et à aller regarder cette vidéo. Lisez les explications au-dessous de la vidéo uniquement après l’avoir visionnée.

HYPERLINK « http://www.theinvisiblegorilla.com/gorilla_experiment.html« 

C’est fait? Vous avez passé ce test? Ainsi, vous avez visionné une vidéo où une équipe de basketball se lançait un ballon dans les airs et vous avez compté le nombre de fois où les joueurs de l’équipe avec les handails blancs avaient le ballon entre les mains. Durant les échanges, une femme déguisée en gorille a traversé la scène en se tapant la poitrine. Avez-vous vu le gorille?

Cette vidéo a été créée en 1999 et, depuis, plusieurs personnes l’ont visionnée. Résultat? Toutes les fois, au moins 50 % des gens ne voient pas le gorille. Pourquoi? L’explication est que les gens sont tellement concentrés à calculer le nombre de passes qu’ils deviennent aveugles à tout autre événement inattendu même si celui-ci est aussi évident qu’un gorille.

Les chercheurs ont fait une autre vidéo en 2010 intitulée « The Monkey Business Illusion ». Les mêmes conclusions s’imposent : une majorité de gens ne voient pas les événements inattendus lorsqu’ils sont concentrés sur une tâche.

HYPERLINK « http://www.theinvisiblegorilla.com/videos.html#studyvids« 

Pourquoi certains voient-ils les événements inattendus (le gorille) et d’autres non? Les auteurs ont découvert que cela n’a rien à voir avec l’intelligence, la personnalité ou le sexe. Cela dépend plutôt du type d’événement inattendu que vous rencontrez et de votre expérience.

À titre d’illustration, les auteurs ont fait une autre étude dans le métro de Washington où ils ont demandé à un violoniste renommé, Joshua Bell, gagnant de plusieurs prix, de jouer de la musique classique. Ainsi, un vendredi matin, durant les heures d’affluence, Joshua Bell se plaça à une sortie de métro près d’un escalier roulant, sortit son violon Stradivarius de 3 millions de dollars, déposa l’étui du violon à ses pieds, y déposa un peu de monnaie et commença à jouer. Au cours de sa performance de 45 minutes, plus de 1 000 personnes sont passées à quelques pieds de lui, mais seulement 7 d’entre elles se sont arrêtées et ont donné un total de 32,17 $.

Pourquoi ce musicien de renommée internationale est-il passé inaperçu? Parce que les gens se concentraient à se rendre au travail (tout comme vous étiez concentré à compter le nombre de passes de ballon) et non à rencontrer un violoniste de renommée internationale (un gorille dans le test des ballons). Parmi les 7 personnes qui ont remarqué le violoniste, certains avaient assisté à son concert trois semaines auparavant et les autres étaient violonistes eux-mêmes. Par conséquent, la situation (le fait d’avoir assisté à un concert du violoniste) et leur expertise du violon ont fait que ces 7 personnes ont été en mesure de diriger leur attention vers cet événement inattendu (le gorille dans le test des ballons).

Si vous êtes de ces personnes qui ont vu le gorille, cela ne veut pas dire que vous êtes à l’abri de la cécité attentionnelle et que vous verrez toujours les événements inattendus. Cela dépendra toujours de la situation et de votre expertise.

Que pouvons-nous donc faire face à la cécité attentionnelle? D’abord, prendre conscience que lorsque nous concentrons notre attention sur quelque chose, inévitablement, il y aura des événements inattendus qui nous échapperont. C’est la façon dont notre cerveau fonctionne. Par exemple, tenir une conversation sur notre cellulaire au volant prend une partie de notre attention (comme compter le nombre de passes de ballon) et diminue nos capacités à faire face à un événement inattendu qui se présenterait sur la route (tel le gorille).

Ensuite, une autre façon de faire face à la cécité attentionnelle est de prendre des mesures pour ne pas voir uniquement ce qu’on s’attend à voir. Par exemple, dans la majorité des accidents de la route entre voitures et deux-roues, quand on interroge la personne qui était au volant de la voiture, elle expliquera qu’elle n’a pas vu la moto (ou le vélo) et que le deux-roues est sorti de nulle part. En fait, c’est le même principe que la vidéo : la personne au volant s’attend à voir des voitures sur la route et son attention est focalisée là-dessus (compter le nombre de passes). La moto ou le vélo, c’est le gorille, et le cerveau n’a même pas « perçu » ce deux-roues alors qu’il était pourtant aussi visible que ce gorille au milieu du groupe qui joue au ballon.

La cécité attentionnelle, c’est aussi les opportunités qui se présentent dans notre quotidien et que nous ne voyons pas parce que nous sommes trop concentrés sur autre chose. Prendre des mesures pour ne pas voir uniquement ce qu’on s’attend à voir, c’est également se placer dans un état de réceptivité pour remarquer les perceptions des autres, les opportunités et les défis dans son équipe.

Finalement, au travail, la cécité attentionnelle veut dire que si vous focalisez votre attention sur une tâche qui vous intéresse (compter le nombre de passes), cela sera beaucoup plus facile d’ignorer les distractions (le gorille), tels un environnement bruyant et des gens qui circulent autour de votre aire de travail.

Sur ce, je vous souhaite un beau printemps et au plaisir de vous retrouver en juin pour le prochain bulletin.

Suggestion de lecture
The Invisible Gorilla, Christopher Chabris et Daniel Simons, 2009.

Et si vous preniez du recul ?

Février 2015

unnamed (1)Nous avons tous des tâches difficiles à réaliser au travail et dans notre vie personnelle. Il peut s’agir de régler un conflit avec un collègue, de lancer un nouveau produit, de réduire les dépenses, d’acheter une automobile, de choisir un service de garde pour les enfants ou de planifier des vacances en famille.

Selon une étude faite en 2011 par deux professeurs de marketing, Manoj Thomas de l’Université Cornell et Claire I. Tsai de l’Université de Toronto, il existerait un truc simple et efficace pour nous faciliter la vie dans ces tâches complexes. Il suffirait de prendre un léger recul physique pour que soudainement la difficulté ressentie par rapport à ces tâches disparaisse.

Dans cette étude, intitulée « Psychological Distance and Subjective Experience : How Distancing Reduces the Feeling of Difficulty », M. Thomas et Mme Tsai ont demandé à une centaine d’étudiants de lire à haute voix des séries de mots complexes apparaissant à l’ordinateur. Tous les étudiants devaient le faire en restant le dos bien appuyé au dossier du fauteuil. Parfois, le dossier était incliné vers l’avant (ce qui approchait le visage de l’écran), d’autres fois, le dossier était incliné vers l’arrière (ce qui éloignait le visage de l’écran).

Les résultats ont été impressionnants. Les étudiants qui étaient penchés vers l’arrière, pour conserver une distance de 38,8 pouces entre leurs yeux et leur écran d’ordinateur, ont trouvé plus facile la prononciation des mots complexes, comparativement à ceux qui étaient penchés vers l’avant et dont les yeux restaient à 12,5 pouces de l’écran.

Pourquoi? Les auteurs expliquent que l’augmentation de la distance physique devant une tâche complexe augmente aussi la distance psychologique et nous permet de percevoir la tâche comme étant moins difficile. C’est comme si l’esprit interprétait que la tâche vue d’une distance plus grande était plus facile.

Les auteurs nous invitent aussi à considérer d’autres façons de créer une distance psychologique par rapport à nos difficultés, comme adopter le point de vue d’une autre personne ou nous imaginer prendre une décision pour un futur lointain.

De plus, les résultats de l’étude ont permis de constater que les étudiants qui bénéficiaient d’une plus grande distance par rapport à leur écran d’ordinateur ressentaient également beaucoup moins d’anxiété que les autres à l’égard d’une tâche complexe.

Ainsi, la prochaine fois que vous serez confronté à une tâche ardue ou à une décision délicate, prenez du recul! Vous constaterez que non seulement vous percevez la tâche comme étant plus facile à réaliser mais que vous êtes également moins anxieux.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en mars pour le prochain bulletin.

Soyez dans le flux

Avril 2014

Avril 14Dans les années 1960, le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a découvert que les activités les plus susceptibles de vous rendre heureux et motivé au travail sont celles qui représentent un défi que vous êtes confiant de pouvoir relever et celles dans lesquelles vous pouvez utiliser vos talents. Lorsque vous travaillez sur ce type de tâches qui combinent défi et talent, vous vivez alors un état de flux ou une expérience optimale.

Lorsque vous êtes dans cet état de flux, vous vous retrouvez alors complètement absorbé et concentré sur la tâche à accomplir, au point que vous perdez toute notion du temps. Par exemple, pour une tâche réalisée dans un état de flux, vous pourriez avoir l’impression que celle ci ne vous a pris que cinq minutes de votre temps, alors que, en réalité, vous pourriez y avoir consacré jusqu’à cinq heures.

En fait, si vous vous retrouvez dans cet état de flux, c’est que vous avez appliqué la clé suivante, soit celle de vous adonner à des activités à la hauteur de vos talents et de vos compétences.

À l’inverse, si vous pratiquez des activités qui ne présentent pas un défi pour vous et qui sont trop faciles compte tenu de vos talents, vous vous ennuierez. De même, si vous exercez des activités qui sont trop difficiles pour vous et qui dépassent vos compétences, vous vivrez de l’angoisse et du stress. L’état de flux consiste donc à vivre une expérience qui occupe le juste milieu entre l’ennui et l’angoisse, et dans laquelle la difficulté de la tâche et le niveau d’aptitude coïncident.

Augmenter le nombre de moments de flux au travail

Il a été prouvé que nous ressentons l’état de flux davantage au travail que durant les loisirs. Il est donc illusoire d’attendre la pause, la fin de la journée ou les vacances pour vivre un état de flux. Pour augmenter les moments de flux au travail, vous pourriez privilégier les stratégies suivantes :

  1. Lancez-vous des défis. Par exemple, les membres d’un service de nettoyage d’un petit hôpital se lançaient régulièrement des défis pour améliorer leur travail: trouver un moyen pour effectuer telle manoeuvre plus vite, de manière moins harassante; chercher le produit le plus efficace; s’interroger sur ce qui pourrait encore être amélioré.
  2. Demandez à votre gestionnaire de vous confier des tâches qui représentent un défi pour vous et qui vous permettraient d’utiliser vos compétences et votre savoir-faire.
  3. Si vous avez des défis à relever qui dépassent vos compétences, développez vos talents par de la formation, du coaching et/ou de la lecture. Cela peut s’avérer très motivant de cultiver vos talents dans les domaines que vous désirez exploiter.
  4. Prenez conscience de vos moments de flux en notant dans un calepin, au cours des prochains jours, les activités qui déclenchent en vous des moments de stress, de flux ou d’ennui. Demandez-vous, par la suite, quel type d’action vous pourriez privilégier pour vivre davantage de moments de flux. Voici quelques exemples à titre d’illustration :

Avril-1 14

En résumé, une façon d’être heureux et motivé au travail est de reconnaître vos talents et de les déployer. La théorie du flux vous invite à vous y lancer, puisque le plaisir que vous en retirerez sera durable et revigorant.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en mai pour le prochain bulletin.

La tentation de la guimauve

Mars 2014

Mars 14Connaissez-vous le test de la guimauve? Durant les années 1960, un professeur de l’Université Stanford, Walter Mischel, a mené une étude auprès de 600 enfants de 4 ans dans le but de déterminer les effets de la gratification différée sur les enfants.

L’expérience se passait comme ceci. À tour de rôle, les enfants allaient dans une pièce. Une dame se présentait, plaçait une guimauve dans une assiette, devant l’enfant, puis lui disait qu’elle allait s’absenter pendant 15 minutes. Elle lui promettait que, s’il s’abstenait de manger la guimauve, elle lui en donnerait une deuxième à son retour. Les enfants réagirent différemment à cette expérience. Certains mangèrent la guimauve aussitôt que la chercheure eut fermé la porte derrière elle. D’autres (30 % des enfants) furent capables d’attendre le retour de la dame pour recevoir la deuxième guimauve et les manger toutes les deux. Bien qu’également soumis à la tentation, ils avaient trouvé une façon de résister.

Quelle signification tirer de cette expérience? Walter Mischel a suivi ces enfants pendant plusieurs années pour voir comment leur vie se déroulait.

  • D’un côté, il découvrit que les enfants qui avaient résisté à la tentation de manger la guimauve réussissaient mieux à l’école et, plus tard, dans leur carrière, dans leur mariage et dans la vie en général. Ils avaient de meilleures relations avec leurs pairs, géraient mieux le stress et possédaient les traits de caractère utiles au succès, telles la confiance, la persévérance et la capacité de composer avec la frustration.
  • D’un autre côté, les enfants qui avaient englouti la guimauve éprouvaient de la difficulté à subordonner leurs impulsions immédiates au profit d’objectifs à long terme. Par exemple, quand il était temps d’étudier pour un examen important, ils avaient tendance à se laisser distraire par une émission de télévision.

Mais qu’avaient fait les enfants qui avaient réussi pour résister à la tentation et attendre la deuxième guimauve? Les chercheurs ont examiné les enregistrements plusieurs années plus tard et ont constaté que les enfants qui avaient pu attendre 15 minutes avant de manger les guimauves avaient réussi à le faire parce qu’ils avaient tous contrôlé leur environnement pour s’éloigner des tentations. Certains s’étaient couverts les yeux, d’autres avaient joué à cache-cache sous le bureau, d’autres avaient chanté des chansons, d’autres s’étaient tournés dos aux guimauves, d’autres s’étaient levés pour écouter à la porte, d’autres avaient marché dans la pièce. Ils avaient fait quelque chose pour ne pas avoir à faire face à la tentation. Le désir n’avait pas été vaincu, il avait simplement été oublié.

Ces stratégies peuvent également se transposer dans le milieu de travail. Il s’agit d’abord de déterminer le résultat, le projet, le rêve que vous désirez réaliser et d’identifier les tentations dont vous devrez vous éloigner pour atteindre votre objectif. Devant l’activité prioritaire à accomplir, il pourrait s’agir de fermer votre cellulaire, de filtrer vos appels, de désactiver les alertes de votre courriel, de fermer votre porte, d’enlever tout papier sur votre bureau, d’enlever les photos de famille de votre champs de vision, de faire face à un mur et non à une fenêtre. Il est facile de découvrir les tentations qui se présentent dans votre vie. Ce sont les activités qui vous donnent un plaisir immédiat (déguster la guimauve) mais qui vous privent d’avantages à plus long terme (savourer deux guimauves plus tard).

En fait, il vaut toujours mieux attendre pour obtenir ce que vous désirez vraiment : deux guimauves au lieu d’une seule. Pour cela, il suffit de retarder la gratification, c’est-à-dire sacrifier le plaisir immédiat de déguster la guimauve dans le but de savourer deux guimauves plus tard.

Le contrôle de votre impulsivité et le développement de saines habitudes, telles que la retenue, le focus, une vision à long terme et la priorisation, vous permettront de ne pas succomber à la tentation de la guimauve.

Sur ce, je vous souhaite un beau printemps et au plaisir de vous retrouver en avril pour le prochain bulletin.

Maximiser son bonheur

November 2013

Novembre13Dans une étude réalisée en 2012-2013 avec l’aide de trois autres chercheurs, Kelly Goldsmith, professeure adjointe de marketing à la Kellogg School of Management, a découvert qu’il est possible d’optimiser ses chances d’être heureux en observant de très près ses progrès.

Au cours de cette étude, 350 participants issus de 7 entreprises du Fortune 500 ont reçu chaque jour par courriel l’une des trois questions abordées dans l’étude. Une première visait à mesurer le bonheur : «Dans quelle mesure avez-vous été heureux aujourd’hui?» Une variante misait plutôt sur le comportement : «Avez-vous fait de votre mieux aujourd’hui pour être heureux?» Une dernière servait de question de contrôle et ne faisait aucunement allusion au bonheur.

Les chercheurs ont constaté que les participants encouragés à demeurer attentifs à leur bonheur pendant quelques semaines s’étaient sentis légèrement plus heureux que les participants qui n’avaient pas été invités à le faire. Les personnes qui avaient éprouvé le plus de bonheur figuraient parmi celles à qui on avait demandé : «Avez-vous fait de votre mieux aujourd’hui pour être heureux?»

Mais pourquoi le fait de recevoir une question par jour sur le bonheur nous rend-il plus heureux? D’abord, parce que cette question nous incite à faire un exercice d’introspection dans un train-train quotidien souvent envahissant et, ensuite, parce que cela nous permet d’adopter des comportements visant à développer notre capacité d’être plus heureux.

Voici, par ordre d’importance, les comportements que les participants ont adoptés pendant cette étude pour augmenter leur niveau de bonheur.

Se concentrer davantage sur les événements positifs de leur vie (38 % des participants)
À titre d’exemple, voici le commentaire d’un des participants à l’étude : «La question quotidienne me permettait de me focaliser davantage sur les événements positifs qui arrivaient dans ma vie, même si cela n’était que pour quelques instants.»

Entretenir des interactions positives avec autrui (16 % des participants)
Un participant à l’étude mentionne : «Me faire demander chaque jour si j’avais fait de mon mieux pour être heureux me permettait de faire le maximum en ce sens. Je me suis alors efforcé d’interagir plus amicalement avec mes collègues de travail et avec mes amis.»

Entreprendre des tâches productives et riches de sens (9 % des participants)
Un participant mentionne : «Oui, mon comportement semble avoir changé ou du moins ma façon d’aborder chaque journée. Je prêtais particulièrement attention à la réalisation de tâches qui non seulement me permettaient de me réaliser mais qui me faisaient plaisir également. Aussi, à la maison, j’ai entrepris plusieurs projets sur lesquels je ne cessais de procrastiner et que j’ai eu beaucoup de satisfaction à terminer.»

Se faire moins de soucis et relaxer davantage (9 % des participants)
Un participant mentionne : «J’ai fait un effort pour relaxer davantage. Je ne suis pas certain que cette attitude peut avoir un effet significatif sur le degré de bonheur, mais je crois que cela peut avoir un certain effet. Par exemple, je suis assez stressé lorsque je cuisine le souper pour ma famille, mais aujourd’hui j’ai essayé de ne pas trop m’inquiéter.»

Fait intéressant, ces quatre comportements adoptés par les participants correspondent aux quatre comportements qui conduisent au bonheur, selon les différents chercheurs.

Notons également un autre fait important. Une question quotidienne ne stimule pas que le bonheur mais toutes autres questions portant sur le comportement, telles que : «Ai-je fait de mon mieux aujourd’hui pour avoir des interactions positives avec autrui?», «Ai-je fait de mon mieux aujourd’hui pour fixer mes priorités?», «Ai-je fait de mon mieux aujourd’hui pour progresser vers l’atteinte de mes objectifs?» Cela devrait intéresser les entreprises qui souhaitent améliorer l’engagement et la productivité de leurs employés. Plutôt que de demander aux employés tous les six mois jusqu’à quel point ils sont engagés au sein de l’entreprise, un gestionnaire pourrait leur envoyer chaque jour une question du genre : «Avez-vous fait de votre mieux aujourd’hui pour vous investir au sein de l’entreprise?»

Mais comment pouvons-nous ajouter cette introspection quotidienne dans nos vies  Différentes options s’offrent à vous :
un post-it sur l’ordinateur;
un coaching, par un collaborateur, un superviseur ou un ami, qui s’engage à vous envoyer un courriel avec une question par jour;
le site web http://askmeevery.com/, développé en collaboration avec Kelly Goldsmith et les autres chercheurs de l’étude, où vous pouvez choisir une question. Un courriel vous sera envoyé tous les jours et vos réponses seront enregistrées de façon que vous puissiez suivre votre progrès.

Ainsi, si vous désirez maximiser votre bonheur, questionnez-vous chaque jour pour augmenter vos chances d’atteindre cet objectif.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en décembre pour le prochain bulletin.

Citation du mois
«J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé.» Voltaire.