Sédentarité vs activité physique

Juin et juillet 2019

Nous avons eu le bonheur d’accueillir Monsieur Denis Fortier, physiothérapeute, comme conférencier à notre événement Hors Série du mois d’avril.

Un des concepts qu’il nous a transmis et dont il parle abondamment dans son livre Lève-toi et marche! est que nous devrions tous viser à être « non sédentaires » et « actifs physiquement » si nous désirons être en santé. En fait, la « sédentarité » et l’« activité physique » sont deux concepts distincts et nous devrions adopter des pratiques pour chacun d’entre eux.

L’activité physique

Nous entendons parler depuis longtemps que nous devons être actifs physiquement pour être en santé. Denis Fortier nous réfère aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé au sujet des bonnes pratiques à adopter en ce qui concerne l’activité physique, soit de pratiquer 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité physique d’intensité soutenue par semaine.

Par intensité modérée, on entend des activités physiques telles que marcher d’un pas vif, jardiner, s’acquitter de travaux domestiques et ménagers, sortir son animal domestique, participer activement à des jeux avec les enfants.

Par intensité soutenue, on entend des activités physiques telles que courir, marcher à vive allure, faire du vélo à vive allure, faire de l’aérobie, nager à vive allure, pratiquer des sports (football, volleyball, hockey, basketball…).

La sédentarité

Nous sommes sédentaires lorsque nous sommes assis ou couchés en période d’éveil et que nous dépensons une quantité d’énergie égale ou inférieure à 1,5 MET*. Par exemple, être assis correspond à 1 MET, regarder la télévision à 1 MET et écrire en position assise à 1,5 MET.

Les études démontrent que nous sommes de plus en plus assis. En effet, le temps moyen où nous sommes assis est passé de 26 heures par semaine en 1965 à 38 heures par semaine en 2009. Pourquoi? Parce que la voiture et l’écran sont de plus en plus présents dans nos vies.

Le problème réside dans le fait qu’être assis longtemps a des effets dommageables sur notre santé et nous rend plus à risque de diabète, de maladies cardio-vasculaires et de cancer. De plus, ces effets néfastes persistent même si l’activité physique fait partie de notre quotidien. En d’autres termes, même si nous faisons régulièrement du jogging, de la marche, de la natation, du vélo ou autres, cela ne nous empêchera pas de subir les effets néfastes sur notre santé de la position assise prolongée.

C’est la raison pour laquelle l’activité physique n’est pas suffisante pour être en santé. Il nous faut également développer des stratégies afin de diminuer le temps passé en position assise. En effet, lorsque nous sommes debout, nos muscles se contractent davantage et la contraction musculaire a des effets positifs sur notre santé. Voici donc quelques idées pour être moins souvent assis :

1. Ayez un poste de travail assis-debout.

Vous pourrez ainsi alterner entre la position assise et la position debout. Si la position assise ne vous cause pas de fatigue ou de douleur, essayez des séquences de 30 minutes assis suivies de 15 minutes debout. Si la position assise est pour vous une source de fatigue, essayez des séquences de 20 minutes assis, suivies de 30 minutes debout. Il n’y a pas de normes universelles quant à la durée idéale des séquences assis-debout. Expérimentez plusieurs options afin de trouver celles qui vous conviennent

2. Ayez deux espaces de travail.

En l’absence d’un poste de travail assis-debout, n’hésitez pas à organiser un deuxième poste de travail à partir duquel vous pourrez réaliser certaines tâches en position debout.

3. Prenez l’escalier.

Montez systématiquement l’escalier plutôt que de prendre l’ascenseur ou utilisez-le pendant au moins 20 minutes à raison de 3 fois par semaine, comme s’il s’agissait d’un appareil d’entraînement.

4. Faites des pauses.

Plusieurs courtes pauses sont plus efficaces qu’une seule longue pause. Profitez-en pour bouger et marcher.

5. Comptez vos pas.

Il est recommandé de franchir le seuil de 10 000 pas par jour si vous êtes une personne active, et de commencer par un objectif plus modeste de 8 500 pas si vous êtes sédentaire. Le calcul doit tenir compte de l’ensemble des pas que vous faites durant vos activités quotidiennes, votre travail, vos loisirs, vos activités sportives, votre vie sociale et vos déplacements.

Vos activités quotidiennes compteront jusqu’à 2 000 pas par jour environ (faire le lit, cuisiner, passer l’aspirateur, tondre la pelouse…). Pour le reste, il vous sera nécessaire de vous adonner à des activités extérieures pour atteindre votre objectif.

La marche demeure souvent la façon la plus simple et la plus accessible d’y arriver parce qu’elle est peu coûteuse, qu’elle s’adapte à votre condition physique et qu’elle s’intègre facilement à l’ensemble de vos activités.

Le meilleur outil pour compter vos pas est le podomètre. Certains s’attachent à la ceinture, d’autres se portent dans la poche ou au poignet. Le simple fait d’en utiliser un aurait des effets positifs sur votre motivation et augmenterait le nombre de pas que vous franchissez quotidiennement de 20 % à 30 % selon plusieurs chercheurs. Les téléphones intelligents et les montres connectées offrent également des applications performantes qui comptent vos pas.

En résumé, pour être en santé, il faut agir sur deux plans : pratiquer régulièrement une activité physique et être non sédentaire en diminuant le temps que vous passez en position assise.

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* MET : Metabolic Equivalent of Task, ou « L’équivalent métabolique » en français, qui se définit comme une méthode permettant de mesurer l’intensité d’une activité physique et la dépense énergétique.

L’homme qui plantait des arbres


Connaissez-vous le récit fictif de
L’homme qui plantait des arbres écrit par Jean Giono en 1953 dont un film d’animation du même nom, gagnant de plusieurs prix, a été réalisé en 1987 pour Radio-Canada? Voici cette inspirante histoire.

L’homme qui plantait des arbres, c’est l’histoire fictive d’un berger de Provence, Elzéard Bouffier, un veuf de 55 ans qui habitait seul en montagne dans sa maison en pierre après avoir perdu son fils unique et sa femme. II s’était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à vivre lentement, avec ses brebis et son chien. La montagne où il vivait était tellement désolée que seules quelques lavandes disséminées osaient pousser. Les villages avaient été abandonnés, faute d’eau. Il jugea que ce pays mourait par manque d’arbres et n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses.

Chaque jour, il triait 100 glands et les plantait. En trois ans, il en avait planté 100 000. Sur ces 100 000, 20 000 étaient sortis. Sur ces 20 000, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a d’impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient 10 000 chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n’y avait rien auparavant.

Il planta ainsi des arbres jusqu’à l’âge de 87 ans. En plantant des glands jour après jour, année après année, il finit par créer une belle et grande forêt. Aux chênes, il ajouta des hêtres et des bouleaux. Bien plus qu’à une forêt, son projet redonna vie à une région entière. Les cours d’eau asséchés se sont remis à couler, des villages abandonnés se sont reconstruits peu à peu et se repeuplèrent. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

Par la seule volonté d’un homme, par son geste, par sa main, une forêt est née. Cet homme avait su ramener la vie là où elle avait disparu.

Pistes de réflexion

Ce récit offre plusieurs pistes de réflexion. J’aimerais vous parler de celles de Robert Dutton, ex-président de RONA. ll explique dans son livre biographique Mise à niveau, que « ce texte lui parle de vision, de l’importance de voir et d’agir dans la durée, de la grandeur du banal quotidien ». Ce texte lui dit également que « demain n’a de sens que si on voit loin devant et que les résultats les plus spectaculaires et aussi les plus durables se construisent de façon totalement imperceptible ». Ainsi, il explique que :

« L’action est urgente, mais patiente est la vision. Elzéard Bouffier agissait dans une sorte d’urgence. Chaque jour, sans attendre, il devait planter sa centaine d’arbres, comme s’il allait mourir le soir même. Mais cette action quotidienne trouvait son sens sur une durée de 30 ou 50 ans.

Il y a un peu d’Elzéard Bouffier dans chacun de nous. Sans que nous le sachions, les gestes que nous poserons demain – ou ceux que nous ne poserons pas – auront un impact dans 30 ou 50 ans. Et pour ceux qui ont des rêves à réaliser dans 10, 20 ou 30 ans, ceux qui veulent des chênes dans quelques décennies, il y a une certaine urgence à planter des arbres dès aujourd’hui.

Il faut donc se méfier des notions de court terme et de long terme. Certes, le court et le long terme existent. Mais ils ne s’opposent pas… ils sont tressés l’un avec l’autre ».

« La vie prend tout son sens lorsqu’on construit l’avenir, pas lorsqu’on l’attend. L’âge d’Elzéard Bouffier n’est pas anodin et apporte une autre piste de réflexion. Au début du récit, il a 55 ans. Il a donc atteint l’âge où on récolte les fruits du labeur passé. Il n’a ni femme, ni enfant, il n’a donc aucune raison de s’investir dans l’avenir.

Or, loin de couler ses jours dans un hamac à récolter des fruits, Elzéard Bouffier plantait des arbres. Il en planta jusqu’à sa mort, à 87 ans. Sachant qu’un chêne met 50 ans pour arriver à maturité… pourquoi diable faisait-il cela? Sûrement pas pour gagner sa vie, il le faisait gratuitement.

Un personnage qui observait Elzéard Bouffier quand celui-ci avait 75 ans semble l’avoir compris. Elzéard Bouffier a trouvé un fameux moyen d’être heureux. Il avait en effet compris que la vie prend tout son sens lorsqu’on construit l’avenir, pas lorsqu’on l’attend. Ainsi, l’avenir lui apportait des fruits immédiats. C’est vrai pour tout individu et pour toute organisation, peu importe leur âge ».

La mission personnelle est importante pour planter des arbres. Lorsqu’il a perdu son emploi chez RONA, c’est sa mission personnelle qui a permis à Robert Dutton de ne pas sombrer. Sa mission qu’il avait mise par écrit disait : « Participer avec d’autres à une société plus juste, plus responsable et plus humaine ». Il prit conscience qu’il ne pourrait plus planter d’arbres chez RONA, mais que sa mission ne s’éteignait pas pour autant puisqu’il pourrait continuer à planter des arbres ailleurs mais différemment.

C’est maintenant auprès de jeunes étudiants et de jeunes entrepreneurs que Robert Dutton réalise sa mission par son travail d’enseignant et de mentor. Quand il se retrouve face à une classe d’étudiants ou face à un groupe de jeunes entrepreneurs, il se dit qu’il plante des arbres, que ces jeunes pousses atteindront la maturité dans 10 ou 20 ans et qu’il profite dès maintenant de l’avenir comme le faisait Elzéard Bouffier.

Cette fable est une ode à la nature et à la vie, et nous rappelle tout ce qu’il faut de constance et de générosité pour réaliser notre vision.

Faites le bilan de vos vacances avant la rentrée… pour cultiver votre bien-être!

Août 2018

Dans son livre « The happy traveler – Unpacking the secrets of better vacations », Jaime Kurtz mentionne que nous dépensons beaucoup de temps et d’énergie à planifier et à organiser nos vacances, mais très peu à en faire le bilan.

Pourtant, faire le bilan des choses que vous avez aimées en vacances est essentiel si vous désirez les intégrer davantage dans votre vie de tous les jours.

Par exemple, vous avez apprécié être entouré de nature, de jardins et d’espaces verts pendant vos vacances et vous aimeriez être entouré davantage de verdure et de lumière naturelle à votre retour au travail. Selon le chercheur finlandais, Kalevi Korpela, professeur de psychologie à l’Université de Tampere, il suffirait d’être régulièrement en contact avec la nature sur la seule heure du lunch pour en ressentir tous les bienfaits. Il est venu à cette conclusion en observant pendant deux ans des centaines d’employés de bureau qui étaient plus ou moins en contact avec la nature dans le cadre de leur travail. Il a découvert que plus on travaillait dans un milieu riche en verdure, plus on gagnait en créativité, en bonheur et en amélioration de notre santé physique et psychique.

Ainsi, pour faire le bilan de vos vacances, voici les deux questions à vous poser :

  1. Qu’est-ce que j’aimais de ma vie pendant mes vacances et que j’aimerais recréer dans ma vie de tous les jours? Voici quelques idées :
  • Focaliser mon attention sur le moment présent
  • Boire un jus frais de mangues, bananes et oranges au petit déjeuner
  • Ne pas être connecté à tout moment à mes courriels
  • Avoir du temps de réflexion
  • Prendre du temps pour moi : massage, yoga, lecture
  • Jogger sur le bord de la mer
  • Assister à des spectacles
  • Découvrir
  • Prendre les repas en famille
  • Jouer avec les enfants
  • Et vous, qu’avez-vous aimé?
  1. Quelles leçons tirez-vous de vos vacances? Est-ce qu’il y a des choses que vous avez moins aimées pendant vos vacances? Si oui, il est important de les identifier pour faire un choix plus éclairé lors de vos prochaines vacances. Par exemple, si vous vous êtes ennuyé parce que vous n’aviez pas l’occasion de communiquer suffisamment avec d’autres personnes lors de vos vacances, cela vous indique que vous avez besoin d’échanger avec les autres pour cultiver votre bien-être. Ainsi, autant dans votre quotidien que dans vos voyages, vous prêterez attention à cet aspect.

Une fois que vous aurez identifié ce que vous aimeriez introduire de vos vacances dans votre vie de tous les jours, prenez l’habitude de garder quelques minutes quotidiennement pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et vous réajuster au besoin.

Ainsi, vous prolongerez le plaisir des vacances dans votre vie courante.

3 règles pour des vacances heureuses

Juin/Juillet 2018

La science de la psychologie positive affirme qu’une vie heureuse est une vie remplie de plaisir, d’engagement et de sens.

Dans son livre « The happy traveler – Unpacking the secrets of better vacations », Jaime Kurtz a voulu démontrer comment les principes de la psychologie positive peuvent nous aider à avoir des vacances heureuses, que ces vacances se déroulent à la maison ou en voyage. L’auteure aborde ainsi trois grandes règles pour que les vacances soient agréables, significatives et engageantes.

Règle no 1 : Préparez et anticipez les vacances avec enthousiasme

  • Décrivez une journée type de vacances. Hésitez-vous entre plusieurs options de vacances (bord de mer, croisière, grande ville)? Si oui, écrivez le déroulement de votre journée du matin au soir dans chacune des options. Vous saurez ainsi ce que vous trouverez plaisant, désagréable ou neutre dans chacune des options et cela facilitera votre choix.
  • Prévoyez les obstacles. Vous avez déterminé votre destination. Identifiez les problèmes possibles que vous pourriez rencontrer qui vous empêcheraient d’atteindre vos objectifs. Pour chacun de ces obstacles, décidez de ce que vous ferez. Par exemple, « S’il pleut, je ferai… » et décidez d’une action concrète.
  • Serez-vous paralysé par des options et des décisions? Si oui, comment pourriez-vous gérer ou éliminer certaines d’entre elles? Que vous planifiiez une excursion d’une journée, une escapade d’un week-end ou une aventure de plusieurs semaines, prendre des décisions de voyage est rarement facile. En effet, vous devez décider comment utiliser vos jours de vacances et votre argent dans un contexte où vous devez faire un saut mental dans un avenir dont vous n’avez souvent aucune connaissance.
  • Identifiez quelles anxiétés et quels facteurs de stress vous pourriez apporter avec vous. Est-ce qu’ils vous empêcheront d’avoir du plaisir? Si oui, comment pourriez-vous les laisser derrière vous?
  • Anticipez tout au long de la préparation de votre voyage. Nous le savons tous, la préparation d’un voyage peut procurer autant de plaisir que le voyage lui-même. Admettons que vous avez trois mois pour préparer votre voyage, vous achèterez vos billets d’avion et réserverez votre hôtel au début de votre période de préparatifs. Mais ne prévoyez pas tout au début. Retardez plutôt consciemment la recherche de restaurants, de musées, d’activités et d’événements tout au long de votre période de préparatifs de manière à faire durer le plaisir. Ainsi, l’anticipation du voyage sera distribuée tout au long de la préparation. N’oubliez pas de parler à des gens qui ont déjà passé les mêmes vacances que vous. Allez à la librairie dans la section des voyages. Renseignez-vous sur l’histoire et la culture de l’endroit que vous visiterez.
  • Variez vos activités. Il y a un concept en psychologie que l’on appelle « l’adaptation hédonique » (ou l’adaptation aux plaisirs) qui fait que ce qui nous procure du plaisir aujourd’hui cessera de nous en procurer dans une semaine ou deux parce que nous nous habituons à ces plaisirs et que nous les tenons pour acquis. Par conséquent, la plage de sable blanc qui vous remplissait de bonheur le premier jour de votre arrivée aura cessé complètement de vous impressionner une semaine ou deux après votre arrivée et vous serez, dès lors, à l’affût de la nouveauté qui vous impressionnera. C’est pourquoi il est important, dans la planification de vos vacances, de varier vos activités ou d’aller à différents endroits pour alimenter votre bonheur quotidien.
  • Terminez vos vacances sur une haute note. Planifiez quelque chose de vraiment spécial pour votre dernière journée ou votre dernière soirée de vacances. Les recherches ont démontré que lorsque vous aurez réinséré votre vie normale et que vous vous rappellerez à quel point vos vacances ont été plaisantes, vous ne vous baserez pas sur les hauts et les bas de vos vacances mais plutôt sur la façon dont vous les avez terminées.
  • Planifiez votre retour. La plupart des gens reviennent de leurs vacances plus heureux, mais ceux qui rentrent chez eux et reprennent immédiatement leur travail ont tendance à perdre rapidement ce bonheur. Donc, ne rentrez pas à la maison à 22 heures pour plonger dans le travail le lendemain matin. Vous pourriez alors totalement contrer la sérénité et la perspective gagnées pendant votre voyage. Laissez-vous plutôt un peu de temps pour vous détendre. Une étude suggère qu’un week-end à la maison qui suit immédiatement les vacances prolonge ses bienfaits.
  • Payez d’avance. Lorsque vous êtes en vacances, calculer constamment vos dépenses de vacances n’est pas amusant. De plus, penser à l’argent a des coûts psychologiques moins évidents. En fait, près de 165 études sur le sujet ont révélé que lorsque le concept de l’argent est subtilement mentionné en vacances, les gens entrent automatiquement dans un mode d’affaires et de résolution de problèmes, sont moins intéressés par les individus autour d’eux, sont moins généreux et font preuve de moins d’empathie… tous des comportements tout à fait à l’opposé de ce que vous recherchez pour avoir des vacances enrichissantes. Donc, éloignez-vous de votre portefeuille pendant vos vacances et payez d’avance le plus possible.
  • Priorisez le temps par rapport à l’argent. Des recherches faites par l’Université de Colombie-Britannique ont démontré que les personnes qui ont tendance à privilégier le temps par rapport à l’argent sont plus heureuses que celles qui privilégient l’argent par rapport au temps. Au niveau des vacances, cela peut vouloir dire de prendre un vol direct au lieu d’un vol avec escales, d’acheter une option qui vous évite d’attendre en ligne. Bien sûr, ces commodités méritent d’être bien analysées puisque les compromis entre le temps et l’argent n’indiquent pas toujours ce qui serait gagnant. Cependant, il faut garder à l’esprit que les décisions qui permettent de gagner du temps ont également tendance à réduire le stress et les inconvénients.
  • Terminez vos dossiers au travail et à la maison puisque les dossiers inachevés ont tendance à occuper votre esprit. Vous profiterez beaucoup plus de vos vacances si vous avez bien organisé vos activités avant de quitter. Débarrassez-vous de votre travail en retard autant à la maison qu’au travail. Organisez vos dossiers et faites une liste des priorités dont vous devrez vous occuper dès votre retour. Bloquez la première journée de votre retour pour vous occuper du travail qui se sera accumulé pendant votre absence.
  • Utilisez des listes de contrôle. Faites une liste de contrôle de tout ce que vous avez à faire avant de quitter la maison, tel que prévoir le ramassage du courrier, ajuster le thermostat, fermer les robinets de la laveuse, payer les factures. Faites également une liste de contrôle de tout ce que vous avez à faire au travail, tel qu’assigner des tâches, aviser certaines personnes de votre absence, informer de la localisation de vos dossiers. Faites finalement une liste de contrôle de tout ce que vous aimeriez apporter dans vos bagages, incluant les effets personnels, la lecture, les vêtements, le passeport, les médicaments et l’argent en devise étrangère.

Règle no 2 : Engagez-vous activement dans vos vacances

  • Cultivez le « flow ». Le « flow » est un état de fluidité psychologique où vous êtes tellement absorbé par ce que vous faites que vous en oubliez le temps. Vos passions sont particulièrement propices à créer cet état à la condition que l’activité à laquelle vous allez vous consacrer représente aussi un défi. Cela peut être la lecture d’un bon livre, la pratique d’un sport, l’inscription à un cours de danse, de langue ou de cuisine, la randonnée pédestre, l’observation d’oiseaux.
  • Préparez le terrain pour des moments d’éblouissement. Quand était-ce la dernière fois où vous avez été littéralement ébloui au point d’en être momentanément bouche bée et où, en comparaison, vous vous sentiez tout petit et humble? Était-ce devant la grandeur de la nature, la force de l’océan, la beauté d’une cathédrale, la splendeur d’une œuvre d’art, l’écoute d’un leader charismatique, la richesse d’une musique? Soyez prêt à vivre de tels moments d’admiration en vous rendant à une vue panoramique, en visitant des cathédrales, en marchant sur un volcan, en vous promenant dans la nature. L’admiration est une émotion positive qui a le pouvoir de vous rendre heureux.
  • Immergez-vous dans l’endroit de vos vacances. La découverte est une autre émotion positive qui a le pouvoir de vous rendre heureux. Ainsi, découvrez la nourriture de l’endroit que vous visitez. Utilisez les transports locaux. Parlez aux habitants et connectez avec eux.

Règle no 3 : Savourez les moments positifs de vos vacances

  • Soyez dans le moment présent. Savourer, c’est être dans le moment présent au lieu de s’attarder sur ce qui vient après. C’est être conscient que vous vivez des moments agréables et c’est prendre des mesures conscientes pour les prolonger. Par exemple, lorsque vous fermez les yeux et que vous dégustez un bon vin, vous savourez. Quand vous éliminez les distractions de façon à être pleinement engagé dans l’expérience que vous êtes en train de vivre, vous savourez. Quand vous regardez de très près ce qui se trouve devant vous en essayant de vous souvenir des détails pour pouvoir les revivre plus tard, vous savourez. Lorsque vous vous tournez vers votre compagnon de voyage et que vous lui parlez de votre joie, vous savourez.
  • Prolongez les moments agréables. Pour ce faire, tenez un journal sur vous en tout temps. Par exemple, si vous vous surprenez à dire devant une cathédrale : « C’est absolument magnifique! », votre sentiment positif ne durera que quelques secondes. Mais si vous sortez votre journal et que vous y écrivez ce que vous trouvez de si magnifique dans cette cathédrale, cela vous permettra d’aller plus en profondeur dans votre sentiment positif et de prolonger l’expérience. Une autre façon de prolonger l’expérience avec la tenue d’un journal est de vous demander chaque soir quelle est la plus belle chose qui vous est arrivée aujourd’hui. Il suffit par la suite d’écrire en profondeur sur ce sujet en vous demandant pourquoi c’était si génial et comment vous vous êtes senti à ce moment-là.
  • Confectionnez de riches souvenirs. Vous réussirez également à prolonger les moments agréables en rapportant des souvenirs. À cet effet, penser à pratiquer la photographie consciente qui consiste à utiliser l’appareil photo non pas comme vos yeux ou votre banque de mémoire, mais plutôt comme un outil qui vous aidera à capturer ce qui est important pour vous. Alors, vous aurez des photos riches de sens. Outre les photos, pensez à écrire votre expérience. Vous verrez que vous serez porté à utiliser plusieurs de vos sens dans la description de votre expérience et que cela rendra le souvenir encore plus vivant. Vous pourriez aussi dessiner ce que vous voyez. Finalement, vous pourriez rapporter de petits objets vous rappelant les endroits visités.

Ainsi, un heureux vacancier a non seulement des moments de plaisir mais également des moments d’engagement et de défi riches de sens.

La proactivité… une des qualités les plus recherchées au travail

Mai 2018

Une recherche a démontré que la proactivité est l’une des qualités les plus valorisées chez les recruteurs en 2018 particulièrement parmi les fonctions les mieux rémunérées.

Mais qu’entend-on par proactivité? La proactivité, c’est la capacité de prendre des initiatives, d’agir par soi-même, sans attendre d’avoir une instruction ou une demande. C’est aussi faire les choses avant qu’elles ne deviennent nécessaires. C’est finalement penser à l’avenir, planifier et préparer ce qui nous attend. C’est prendre des mesures aujourd’hui pour améliorer demain. Pour citer Victor Hugo : « L’initiative est de faire la chose juste sans qu’on ait à vous le demander. »

Nous pouvons apprendre à être proactif dans tout ce que nous faisons en tant que professionnel. Nous pouvons gérer nos tâches et notre temps de manière proactive afin de ne plus jamais avoir l’impression d’être un hamster en train de courir dans une roue et de rester au même endroit alors que nous courons constamment. Nous pouvons également gérer de manière proactive nos partenariats avec notre gestionnaire, nos collègues et nos clients, de sorte que nous ne nous retrouverons pas à réparer des relations. Nous pouvons gérer notre carrière de manière proactive afin de ne plus regarder en arrière et nous demander comment nous avons atterri où nous sommes. Nous pouvons gérer nos objectifs de manière proactive, c’est-à-dire, se fixer un but et travailler pour l’atteindre.

Les 5P de la productivité
Mais comment appliquer la proactivité au quotidien? L’auteure Chrissy Scivicque a défini la proactivité avec le modèle 5P que voici :

Prédire
Les personnes proactives sont rarement prises par surprise. Elles sont à l’écoute de leur environnement, prédisent les tendances et anticipent les événements.

Par environnement, nous entendons autant le macro-environnement comme l’économie, l’industrie et le secteur d’activités, que le micro-environnement comme l’entreprise, le gestionnaire et l’équipe.

Exemples de proactivité : Vous entendez dire qu’un nouveau logiciel sera instauré prochainement dans votre entreprise.

Prévenir
Les personnes proactives empêchent les problèmes d’arriver. Dès qu’elles voient qu’un problème peut surgir, elles le confrontent immédiatement avant qu’il ne devienne trop accablant. Elles ont toujours un plan « B » pour faire face aux situations qui pourraient occasionner des problèmes.

Exemple de proactivité : Face à l’arrivée prochaine du nouveau logiciel, vous allez voir les TI dans votre organisation et leur demandez comment cela affectera votre travail. Suite à cette rencontre, vous décidez de lire quelques tutoriels pour être prêt lorsque le nouveau logiciel fera son entrée. Vous allez voir également les membres de votre équipe et leur faites part du nouveau logiciel qui engendrera du retard dans l’exécution de votre travail. Les coéquipiers sont ainsi en mesure de se préparer en conséquence.

Planifier
Les personnes proactives ne pensent pas seulement au moment présent mais anticipent également les conséquences à long terme.

Exemple de proactivité : Votre gestionnaire, lors d’une réunion, vous interroge à savoir si vous désirez vous occuper d’un nouveau projet. Avant de dire oui, vous aimeriez vérifier que vous serez en mesure de mener à bien tous vos autres projets. Sinon, vous n’hésiterez pas à solliciter un délai plus long à votre gestionnaire de même que l’aide d’un collègue pour vous aider à réaliser certaines tâches dans ce nouveau projet.

Participer
Les personnes proactives ne sont pas victimes des circonstances. Au contraire, elles s’engagent face aux événements en faisant la différence entre ce qu’elles peuvent contrôler et ce qu’elles ne peuvent pas contrôler. Elles font partie de la solution et non du problème.

Exemple de proactivité : Dans l’exemple ci-dessus du logiciel, vous ne critiquez pas le changement. Vous trouvez plutôt immédiatement un moyen pour que l’adaptation soit plus facile. Vous faites partie de la solution.

Performer
Les personnes proactives prennent des initiatives et agissent consciemment et intentionnellement.

Elles réfléchissent d’abord à la bonne action à poser pour atteindre le résultat voulu. Une fois l’action choisie, elles la font si cela fait partie de leurs fonctions. Elles n’attendent pas qu’on leur dise quoi faire et ne demandent pas l’approbation. Elles ne sollicitent pas non plus quelqu’un d’autre pour l’accomplir; elles utilisent leurs ressources (les manuels de procédures, les sites web, Google, leur réseau, etc.). Au besoin, elles vérifient avec leur gestionnaire s’il préfère être avisé de l’initiative avant d’agir ou s’il préfère être informé de l’initiative après avoir agi.

L’auteur Stephen Covey a d’ailleurs défini la proactivité avec ces deux notions de « ressources » et d’« initiative », comme étant cette attitude responsable où un individu utilise ses propres ressources et son sens de l’initiative pour trouver des solutions.

Proactivité = Ressources + Initiative

Exemple de proactivité : Votre gestionnaire vous réclame des informations pour un nouveau projet. Face aux préoccupations que vous avez perçues chez votre gestionnaire concernant ce projet, vous faites plus que ce qu’il vous demande : vous anticipez ses besoins. Vous lui donnez les informations exigées, bien sûr, mais en plus, vous lui en fournissez d’autres tout en lui donnant votre analyse personnelle de même que les recommandations que vous en tirez.

En résumé
Être proactif, c’est adopter un modèle de comportements défini par les 5P : prédire, prévenir, planifier, participer et performer. Ce qui nous empêche d’utiliser la proactivité autant qu’on le voudrait, c’est la tyrannie de l’urgence. On ne peut réfléchir à l’avenir et être dans l’urgence à la fois. Voilà tout le défi de la proactivité! Il suffit de prendre le temps.

Sur ce, je vous souhaite une bonne continuité et au plaisir de vous retrouver en juin pour le prochain bulletin.

La technique de prise de décisions 10-10-10

Février 2018

11062662 - golden number - 10Suzy Welch, ex-rédactrice en chef de la Harvard Business Review et auteure du livre « 10-10-10 », nous livre une technique très intéressante pour prendre des décisions dans notre vie personnelle et professionnelle : la technique 10-10-10.

Voici en quoi consiste cette technique. Chaque fois que vous faites face à une décision qui vous semble complexe ou insoluble, posez-vous les trois questions suivantes :

  1. Quelles seront les conséquences de ma décision dans 10 minutes?
  2. Dans 10 mois?
  3. Dans 10 ans?

Il n’y a rien de littéral dans chacun des 10-10-10. Le premier 10 fait référence essentiellement à « maintenant », comme dans une minute, une heure ou une semaine. Le deuxième 10 représente un point, dans un avenir prévisible, où la réaction initiale à votre décision est passée mais où ses conséquences continuent à se dérouler de manière que vous pouvez raisonnablement prédire. Et le troisième 10 représente un temps dans un futur si éloigné que ses particularités sont tout à fait vagues.

La technique 10-10-10 est une méthode géniale parce qu’elle vous assure de peser délibérément les pour et les contre des choix possibles en réfléchissant aux conséquences de votre décision tant sur le court terme que sur le moyen et le long terme. Cela est un avantage important puisque certaines personnes, lorsqu’elles prennent leurs décisions, ont tendance à privilégier le moment présent et le court terme (10 minutes) alors que d’autres ont tendance à privilégier le moyen terme (10 mois) ou le long terme (10 ans).

La technique 10-10-10 est géniale également parce qu’elle vous permet de vous justifier, à vos propres yeux, sans être déchiré par les regrets et, en plus, elle vous permet d’expliquer votre choix aux autres.

Concrètement, voici comment utiliser cette méthode en trois étapes :

1. Posez-vous une question. Cette méthode commence invariablement par poser votre dilemme, votre crise ou votre problème sous forme de question. Est-ce que je vais postuler pour cette promotion? Est-ce que je vais acheter une maison unifamiliale ou un condo? Est-ce que je vais assister à cette formation d’une semaine? Est-ce que je vais rester au bureau pour une urgence alors que j’ai promis aux enfants que je serai à la maison à 18 h? Il s’agit ainsi de déterminer exactement le problème que vous essayez de résoudre.

2. Recueillez des données. Il s’agit de recueillir les informations nécessaires à votre prise de décision. Cela peut se faire dans votre tête, sur votre ordinateur, avec un stylo et du papier, ou dans une conversation avec un ami, un partenaire ou autre. La seule exigence est que vous soyez honnête avec vous-même et que vous traitiez le sujet à fond en répondant aux trois questions suivantes : compte tenu de ma question, quelles sont les conséquences de chacune de mes options dans 10 minutes, 10 mois et 10 ans.

3. Analysez. La dernière étape de la méthode est l’analyse. Pour cette étape, vous devez prendre toutes les informations que vous venez de compiler à l’étape 2 et les comparer à vos valeurs les plus importantes, vos croyances, vos besoins, vos objectifs et vos rêves. Bref, cette partie vous pousse à vous demander : « Sachant ce que je sais de toutes mes options et de leurs conséquences, quelle décision m’aidera le plus à créer ma propre vie en fonction de mes valeurs? » Vous aurez ainsi votre décision 10‑10-10.

L’auteure cite plusieurs exemples dans son livre. En voici un, pris au hasard, pour illustrer la technique. Une de ses clientes se demandait si elle devait aller aux funérailles de son oncle. En fait, c’était le beau-frère de sa mère et elle le connaissait assez peu. Cependant, elle savait que sa présence aux funérailles signifiait beaucoup pour sa mère et sa famille élargie qui percevraient sûrement sa présence comme une marque de respect. Pour cette raison, elle décida d’y aller et planifia de partir un peu plus tôt du bureau.

Cependant, à peine a-t-elle franchi la porte du bureau qu’elle reçoit un texto de son fils aîné lui disant qu’il a perdu son « lift » pour se rendre à sa partie de soccer. Est-ce qu’elle pourrait l’aider? Avant même qu’elle ne puisse réagir, elle reçoit un autre texto de son mari lui mentionnant qu’il doit rester tard au bureau. Peut-elle le remplacer et aller reconduire leur plus jeune fils chez l’orthodontiste? Frustrée, elle allait téléphoner à sa mère pour lui annoncer qu’elle n’irait pas aux funérailles. Mais elle s’arrêta! Pourquoi ne pas utiliser la technique de prise de décisions 10-10-10! Voici ce qui s’est passé dans sa tête, en quelques minutes.

1. Se poser une question. La question qu’elle se posa : « Devrais-je assister aux funérailles de mon oncle? »

2. Recueillir les données. Elle savait que si elle disait « non » : Dans « 10 minutes », sa vie serait beaucoup plus facile. Elle n’aurait pas à trouver un « lift » pour son fils aîné et elle n’aurait pas à reporter le rendez-vous de son fils cadet, un processus qui s’avérait toujours assez compliqué chez son orthodontiste. Quel soulagement! Cependant, dans « 10 mois », la décision de ne pas aller aux funérailles ne lui plaisait pas. Elle n’avait qu’une seule chance de dire au revoir à son oncle et elle n’aurait peut-être plus l’occasion de voir plusieurs membres âgés de sa famille qui lui sont chers. Dans « 10 ans » également, la décision de ne pas aller aux funérailles ne lui plaisait pas. Comme parent, elle avait la ferme croyance que les actions sont plus importantes que les mots. Si elle voulait enseigner à ses enfants les valeurs du respect et de la responsabilité, elle devait d’abord les démontrer elle-même.

3. Analyser. Ainsi, dès son analyse terminée avec les données de l’étape 2, sa première action a été de téléphoner à son fils aîné pour lui demander de faire appel à son coach pour lui trouver un « lift ». Elle lui expliqua qu’elle ne pouvait le faire elle-même puisque cela était très important pour elle d’assister aux funérailles de son oncle afin de démontrer à sa famille combien elle les aime. Elle appela ensuite l’orthodontiste pour fixer un autre rendez-vous. Finalement, elle téléphona à son mari dans le but de lui expliquer son choix.

La technique 10-10-10 est une technique qui permet de prendre des décisions et de vivre en phase avec nos valeurs, nos croyances, nos rêves et nos besoins. Ainsi, devant la même décision à prendre, nous pourrions faire un choix tout à fait différent. L’important est de nous rappeler ce qui est à la base de notre décision pour en assumer les conséquences.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuité et au plaisir de vous retrouver en mars pour le prochain bulletin.

Développer votre résilience… avec le modèle PERMA

Août 2017

63931604 - hand searching online on white background with text: resilienceLa résilience est notre capacité à rebondir face aux difficultés. Certaines personnes la possèdent plus que d’autres. Heureusement, elle se développe!

Prenons, par exemple, Yannick et Pierre, deux diplômés universitaires qui ont été licenciés par leur entreprise il y a 18 mois. Les deux étaient tristes, indécis et anxieux au sujet de leur avenir. Cependant, pour Yannick, cette situation était transitoire. Après deux semaines, il s’est dit : « Ce n’est pas de ma faute, c’est l’économie qui ralentit actuellement. Je suis bien dans ce que je fais, et il y aura sûrement un marché pour mes compétences ». Il a mis à jour son curriculum vitae et l’a envoyé à une douzaine d’entreprises qui l’ont rejeté. Il l’a ensuite fait parvenir à six entreprises dans une autre ville et a finalement obtenu un poste. Pierre, par contre, était désespéré : « J’ai été congédié parce que je ne peux pas fonctionner sous pression, pensa-t-il. Je ne suis pas doué pour les finances. L’économie prendra des années à se redresser ». Même si le marché s’est amélioré, il n’a pas cherché un autre emploi; Il est retourné vivre avec ses parents.

Yannick et Pierre se situent aux deux extrêmes quant à leurs réactions. Les Yannick de ce monde rebondissent après une brève période de malaise. Dans un délai d’un an, ils ont grandi grâce à leur expérience. Au contraire, les Pierre passent de la tristesse à la détresse à une peur paralysante du futur et voient leur carrière bloquée.

Pourtant, l’échec est une partie presque inévitable du travail, et ce sont des gens comme Yannick qui arrivent au sommet et que les organisations doivent recruter et conserver afin de réussir. Mais peut-on distinguer les Yannick des Pierre dans la vie? Aussi, est-ce qu’un Pierre peut devenir un Yannick? La capacité de résilience peut-elle être enseignée?

La réponse à ces trois questions est « oui ». Le psychologue américain Martin Seligman a passé les 30 dernières années à étudier la résilience afin de comprendre pourquoi certaines personnes se remettent d’un revers et pourquoi d’autres éprouvent un sentiment d’impuissance. Avec son équipe de l’Université de Pennsylvanie, il a créé le programme de résilience Penn. Ensemble, ils donnent une formation en matière de résilience pour réduire le nombre d’employés qui ont du mal à affronter l’adversité et pour augmenter le nombre de ceux qui s’épanouissent.

Son programme de résilience se base sur son modèle PERMA. Martin Seligman a passé de nombreuses années à développer une théorie du bonheur. Il voulait identifier des blocs de bien-être. Il a élaboré un modèle de bien-être à cinq dimensions appelé le modèle PERMA. Ensemble, ces cinq dimensions forment le fondement solide sur lequel nous pouvons construire une vie heureuse et florissante :

P : émotions positives (« positive emotion »)
E : engagement (« engagement »)
R : relations (« relationships »)
M : sens (« meaning »)
A : accomplissement (« accomplishment »)

Ainsi, son programme de résilience parle de l’importance :

  • de l’optimisme et des pensées réalistes pour engendrer des émotions positives;
  • de l’utilisation de nos forces pour être engagé et concentré à 100 % dans le moment présent;
  • de relations interpersonnelles de qualité pour bénéficier d’un réseau de soutien dans les difficultés;
  • du sens donné à son travail en contribuant au bien-être des autres;
  • de l’accomplissement et de buts à atteindre pour être motivé au travail.

Sur ce, je vous souhaite une belle fin d’été et au plaisir de vous retrouver en septembre pour le prochain bulletin.

Citation du mois
« Nos habitudes de pensée ne sont pas permanentes. Une des découvertes les plus importantes en psychologie dans les 20 dernières années est que les individus peuvent choisir leur façon de penser. » – Martin Seligman