Savoir quand dire quelque chose… la règle de la 3e fois!

Avril 2012

avril12Vous arrive-t-il, face à une personne qui a un comportement qui vous dérange, de vous demander si vous allez ou non lui en parler. Comment décider alors si vous devez parler ou non à cette personne

Dans son livre, « 18 minutes – Un plan imbattable pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur », l’auteur Peter Bregman propose d’appliquer la règle de la 3e fois lorsque vous hésitez entre parler à quelqu’un de ce qui vous dérange ou choisir de vous taire.

Ainsi, la première fois que quelqu’un agit de façon à vous rendre inconfortable, remarquez-le simplement. La deuxième fois, reconnaissez que la première fois n’était pas un événement isolé mais peut-être un comportement susceptible de se répéter. Préparez alors votre réponse, au cas où ce comportement se produirait une autre fois. La troisième fois, prenez l’habitude de toujours parler à la personne de ce qui vous dérange.

Pour illustrer ses propos, l’auteur, qui est consultant en gestion, donne l’exemple d’un de ses clients qui, un jour, a fait une farce sur ses honoraires en lui disant : « Eh bien, avec des honoraires comme ceux-ci, heureusement que votre intervention ajoute de la valeur à notre organisation. » Le consultant nous raconte qu’il a ri avec son client la première fois mais qu’il a noté que cela le rendait inconfortable. La deuxième fois, il n’a pas ri mais a souri et a préparé sa réponse dans l’éventualité où le client répéterait la même blague dans une prochaine rencontre. La troisième fois, il a dit : « C’est la troisième fois que vous faites des plaisanteries au sujet de mes honoraires. Je sais que ce sont des farces, mais je me demande si vous pensez que mes honoraires dépassent ma valeur. Si oui, j’aimerais en discuter avec vous. »

Plusieurs situations de ce genre peuvent vous troubler dans votre milieu de travail, où vous vous posez la question si vous devez ou non en parler à la personne concernée : un collaborateur qui arrive en retard, un membre d’une équipe qui manifeste une attitude négative, un collègue qui fait incorrectement un travail, un patron qui passe sous silence une contribution exceptionnelle, etc.

Dans certaines situations, il est peut-être préférable de parler à la personne dès la première fois que le comportement se manifeste, car le fait de ne pas en discuter immédiatement peut entraîner des conséquences importantes. Toutefois il est sage de réaliser que toute personne laisse échapper des propos désobligeants ou adopte des attitudes dérangeantes à l’occasion. L’important est de ne pas laisser la situation se répéter plus de trois fois avant d’avoir une conversation avec la personne. Dans ce cas, pour commencer l’entretien, vous pourriez utiliser une formulation semblable à celle-ci : « Cela fait trois fois que je remarque quelque chose et j’aimerais en discuter avec toi. »

Non seulement la règle de la 3e fois vous permet de choisir le bon moment pour parler à une personne, mais elle vous donne également l’assurance que tout ne se passe pas uniquement dans votre tête, puisque vous aurez observé le comportement trois fois.

Ainsi, la prochaine fois que vous hésiterez entre vous taire ou parler à quelqu’un d’une attitude dérangeante, appliquez la règle de la 3e fois.

Sur ce, je vous souhaite une belle fin de mois d’avril et au plaisir de vous retrouver pour le prochain bulletin.

La gestion des émotions

Mars 2024

Cerveau émotionsDans son livre 18 minutes – Un plan imbattable pour réaliser ce qui vous tient vraiment à cœur, l’auteur Peter Bregman nous apporte, au moyen d’une expérience vécue, un nouvel éclairage sur la gestion des émotions et la façon de mieux les maîtriser.

Voici d’abord l’expérience vécue. L’auteur, qui possède une entreprise de consultation en gestion, nous raconte qu’un jour il alla rencontrer un client potentiel. À la fin de la rencontre, le client lui dit avec un sourire en coin : « Plusieurs consultants sont passés avant vous dans l’organisation et plusieurs autres passeront également après vous. Si vous pensez changer nos façons de faire ici, vous vous trompez! » L’auteur ressentit immédiatement une antipathie envers ce client potentiel.

Après la rencontre, l’auteur téléphona à son oncle, un homme d’affaires prospère, et lui annonça qu’il ne prendrait pas le mandat, car il n’aimait pas vraiment la personne avec qui il devrait travailler dans cette entreprise. Son oncle lui répondit alors : « Tu n’as pas besoin de l’aimer, Peter. Tu as simplement besoin de travailler avec cette personne. »

Voilà comment nous réagissons habituellement lorsque nous vivons des émotions, explique l’auteur. Nous réagissons impulsivement à un événement, ce qui crée souvent un résultat improductif :

Événement → Réaction → Résultat

Dans ce cas-ci, l’événement est que le client a affirmé à l’auteur qu’il ne serait pas efficace. La réaction de l’auteur en a été une d’antipathie immédiate envers le client, d’où un refus de faire affaire avec lui. Le résultat est la perte d’un client potentiel.

Notre cerveau émotionnel est fait de telle sorte qu’il nous incite à réagir impulsivement devant un événement. Pour renverser cette tendance, l’auteur nous suggère cette idée intéressante : au lieu de réagir à l’événement, pourquoi ne pas réagir au résultat. Ainsi, face à un événement, il s’agirait d’abord de s’interroger sur le résultat visé et ensuite, de choisir sa réaction.

Événement → Résultat → Réaction

Dans l’exemple cité par l’auteur, face au fait que le client potentiel lui a  prédit son inefficacité, l’auteur, au lieu de refuser impulsivement le mandat parce qu’il n’aime pas le client, pourrait se demander : « Quel est le résultat que je désire? » L’auteur nous informe que le résultat visé est la croissance de son entreprise. Il a donc accepté le mandat et il raconte que, par la suite, il a fait affaire avec l’entreprise pendant plusieurs années. Au lieu de mettre l’accent sur la personne, il s’est centré sur son objectif, qui consistait à créer un processus de gestion plus fonctionnel pour l’entreprise.

Plusieurs situations de ce genre arrivent dans notre quotidien. Par exemple, une personne crie après nous et, instinctivement, nous crions après cette personne à notre tour au lieu de nous demander quel résultat nous voudrions atteindre avec elle. Par exemple, si le résultat que vous désirez obtenir est de donner une image professionnelle, vous ne réagirez pas sous le coup de l’impulsion. Au contraire, vous opterez pour un ton calme en posant des questions pour comprendre le point de vue de votre interlocuteur.

Toutefois, lorsque vous vivez une émotion, pour être en mesure de réagir en fonction du résultat désiré et non en fonction de l’événement, il faut être capable de prendre un temps d’arrêt pour vous calmer et pour réfléchir au résultat souhaité. Une technique des plus efficaces pour y arriver et éviter une réaction inappropriée est la respiration. Cependant,  la difficulté avec la respiration, est que la plupart d’entre nous n’avons pas développé le réflexe de l’utiliser au moment même où nous vivons l’émotion.

Ainsi, la  prochaine fois que vous vivrez une émotion, ne réagissez pas à l’événement. Marquez plutôt une pause et concentrez-vous sur le résultat que vous désirez obtenir. Vous développerez ainsi l’habitude de diriger vos énergies vers l’avenir.

Quelles sont vos politiques personnelles?

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Tout comme les entreprises développent des politiques qui leur permettent d’exprimer leur philosophie et de prendre de bonnes décisions (par exemple, Satisfaction garantie ou argent remis ou Le client a toujours raison, etc.), chacun de nous a également intérêt à établir des politiques personnelles pour guider sa vie.

Des politiques personnelles, ce sont des principes, des déclarations, des énoncés, des lignes directrices qui correspondent à votre philosophie et à ce qui vous importe dans la vie et qui orientent vos actions.

L’essentiel consiste à mettre ces politiques par écrit, de façon que vous puissiez les regarder chaque jour, jusqu’à ce que chacune d’elles devienne une habitude. Elles peuvent être inscrites à la première page de votre agenda, enregistrées dans votre agenda électronique, énumérées sur un petit carton ou accrochées au mur.

Voici quelques exemples de politiques personnelles :

1. Il y a quelques années, quand Pierre Péladeau est décédé, le Journal de Montréal relatait, dans un article, les cinq règles d’or de Pierre Péladeau :
• se présenter toujours à l’heure à un rendez-vous;
• rappeler chaque personne qui lui laissait un message;
• garder constamment un agenda devant lui;
• tout noter;
• respecter la parole donnée.
Ces cinq règles d’or représentaient les politiques personnelles de Pierre Péladeau.

2. Un autre article, cette fois-ci dans la revue « HEC Montréal Mag » de l’automne 2011, mentionnait que le professeur Taieb Hafsi plaçait bien en vue sur sa porte la citation suivante, inspirée d’un texte de Mahatma Gandhi : « L’étudiant est notre plus important visiteur. Il n’interrompt pas notre travail, il en est l’objet. Nous ne lui faisons pas une faveur en le servant, il nous en offre le privilège. » Cette citation traduisait bien l’essentiel de la philosophie qui a nourri l’enseignant tout au cours de sa carrière et fournit un autre exemple de politique personnelle.

3. Le dernier exemple dont j’aimerais vous entretenir se trouve dans la lettre d’adieu de Jack Layton. Je vous rappelle comment se termine sa lettre d’adieu, puisque vous avez sûrement eu l’occasion de la lire : « Mes amis, l’amour est 100 fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors, aimons, gardons espoir et restons optimiste. Et nous changerons le monde. » Dans ce texte et dans le reste de la lettre de Jack Layton, nous voyons clairement se dessiner les principes que Jack Layton a choisis pour gouverner sa vie : améliorer l’état des choses, aimer, garder espoir et rester optimiste.

4. Voici d’autres exemples de politiques personnelles susceptibles de vous inspirer pour énoncer les vôtres :
• Faire une seule chose à la fois.
• Ne pas être toujours à la course.
• Traiter les autres de la même façon dont j’aimerais être traité.
• Discuter avec ma famille des décisions qui l’affectent.
• Toujours me lever à 6 h.
• Arrêter de travailler les fins de semaine.
• Prendre congé le dimanche.
• M’interdire de travailler le soir.
• Travailler seulement deux soirs par mois.
• Épargner 10 % de mon salaire.
• M’abstenir de manger entre les repas.
• M’améliorer constamment.
• Rendre service aux autres.
• Avoir une vie équilibrée et passer suffisamment de temps dans chacun des aspects importants de ma vie.
• Avoir du plaisir.
• Éviter d’être la personne après qui l’on attend lorsqu’il y a un travail à remettre ou une
information à donner.
• Établir mes priorités professionnelles autour de mes priorités personnelles.
• Être généreux.
• Cultiver la paix de l’esprit.
• Etc.

Assurez-vous de discuter de vos politiques avec toutes les personnes qui sont touchées par elles. En dialoguant, vous vous retrouverez peut-être dans l’obligation de modifier un peu vos politiques. L’important est de vous assurer que celles-ci reflètent toujours vos valeurs et vos croyances, et non celles des autres.

Finalement, les politiques sont des lignes directrices et non des règles, dans le sens qu’elles doivent rester flexibles en fonction de la situation. Par exemple, même si votre politique est de ne travailler que le jour, rien ne vous empêche de travailler le soir, à l’occasion. Toutefois, si vous êtes constamment confrontés à travailler le soir, vous devrez soit changer votre politique personnelle, soit trouver un emploi qui laisse vos soirées  ibres. L’important est de réaliser que nous ne pouvons pas aller à l’encontre de nos valeurs personnelles sans en payer le prix. Si vous le faites, vous augmenterez votre stress, vous diminuerez votre estime de vous-même et vous aurez finalement moins de plaisir.

Ainsi, prenez le temps de définir vos politiques personnelles, de les mettre par écrit et de les lire chaque jour. Elles vous serviront à atteindre vos objectifs, à prendre des décisions, à dire « non », à éviter de vous impliquer dans des activités incompatibles avec vos convictions, à développer de l’autodiscipline dans les domaines de votre vie où vous constatez certains points à améliorer et surtout à vivre une vie en conformité avec vos valeurs.

Sur ce, je vous souhaite un très beau mois de février et au plaisir de vous retrouver pour le prochain bulletin.

Citation du mois
« À tout principe se rattachent des conséquences. Elles se révèlent positives lorsque nous vivons en harmonie avec ces principes, mais négatives lorsque nous les transgressons. » – Stephen R. Covey

L’art de changer d’habitudes

Décembre 2011

Noël arrive à grands pas et avec l’approche de la Nouvelle Année vient le temps des fameuses résolutions! Par exemple, certains décideront de s’adonner au sport ou de mieux s’alimenter alors que d’autres voudront arrêter de fumer ou envisageront de publier un livre.

Quelles que soient nos résolutions du Nouvel An, la plupart d’entre elles concernent l’acquisition de nouvelles habitudes. Certes, il n’est guère facile de changer d’habitudes, mais nous pouvons maximiser nos chances d’y arriver en suivant une stratégie de changement éprouvée. Voici en quoi consiste cette stratégie:

  1. Ne vous préoccupez que d’une seule habitude à la fois
    Nous le savons tous pour l’avoir expérimenté. Nous adoptons des résolutions pour le Nouvel An et nous tentons de les appliquer toutes en même temps. Au bout de quelques jours ou de quelques semaines, ces bonnes résolutions sont jetées aux oubliettes. Pour réussir à changer nos habitudes, nous devons impérativement ne nous attaquer qu’à une seule habitude à la fois.
  2. Identifiez la mauvaise habitude à changer
    Identifiez également toutes les conséquences défavorables que pourrait entraîner cette mauvaise habitude dans votre vie future si vous ne la transformiez pas. La prise de conscience de ces conséquences défavorables vous servira de moteur de changement.
  3. Définissez la nouvelle habitude à acquérir
    Ce nouveau comportement est normalement l’opposé de votre ancienne attitude. Par exemple, si l’habitude à rectifier est de «ne pas faire de sport», la nouvelle habitude à développer sera de «faire du sport». L’important ici est de dresser une liste de tous les avantages qui découleront de cette nouvelle habitude. Ceux-ci vous motiveront à passer à l’action et à modifier vos habitudes.
  4. Dressez un plan d’action en trois étapes pour créer votre nouvelle habitude
    À titre d’exemple, si vous désirez vous livrer à l’exercice physique, vous pourriez identifier les trois étapes préliminaires suivantes: acheter les vêtements nécessaires, vous abonner à un centre de conditionnement physique et trouver un partenaire qui vous aidera à maintenir votre motivation. L’essentiel ici est de décider des actions à entreprendre pour implanter une nouvelle habitude.
  5. Commencez graduellement
    Ne visez pas trop haut au départ. Par exemple, si vous souhaitez pratiquer du sport une heure chaque jour, commencez par 10 minutes quotidiennement. Plus votre objectif sera facile au début, plus vous augmenterez vos chances de l’atteindre par la suite.
  6. Mettez par écrit les étapes à franchir
    Pour changer d’habitudes, il importe de suivre nos progrès. Ce suivi devient beaucoup plus facile lorsque tout le processus a d’abord été défini par écrit. Ainsi, prenez une feuille de papier et inscrivez les étapes 2, 3 et 4 sur cette feuille.
  7. Avisez votre entourage
    Le simple fait de vous lancer un défi et d’en faire part à votre entourage est un gage de réussite. De plus, en cas de défaillance de votre part, votre entourage pourra ranimer votre motivation.
  8. Effectuez un bilan quotidien
    Vous pourriez faire le point tous les deux ou trois jours, mais vos chances de réussite s’en trouveront accrues si vous réalisez un bilan à la fin de chaque journée.
  9. Fêtez votre changement d’habitude
    On considère habituellement que l’acquisition d’une nouvelle habitude, particulièrement lorsqu’elle demande de petits ajustements dans notre comportement, prendrait environ 21 jours. Au terme de ces 21 jours, cette nouvelle habitude se transformerait en nouvel automatisme. Prenez le temps de célébrer votre succès et continuez sur votre lancée en choisissant d’adopter une autre résolution.

Cette stratégie pour réussir un changement d’habitudes s’applique à toute habitude, que celle-ci concerne votre vie professionnelle ou votre vie personnelle. L’important est de mettre par écrit la mauvaise habitude à changer, en notant les conséquences défavorables de celle-ci; et la nouvelle habitude à acquérir, en précisant les avantages inhérents à ce changement, ainsi que le plan d’action en trois étapes pour y parvenir.

Sur ce, je vous souhaite une très belle année 2012 et au plaisir de vous retrouver au début janvier pour le prochain bulletin!

Citation du mois
«Le remède à l’habitude est l’habitude contraire.» Épictète

Cinq types de phrases à éviter

Août 2011

Bien communiquer consiste non seulement à donner ou à recevoir de l’information claire et précise mais également à établir une relation interpersonnelle de qualité.

Voici donc cinq types de phrases à éviter pour entretenir de bonnes relations avec les membres de votre entourage, qu’il s’agisse de vos clients, de vos fournisseurs, de vos collègues, de vos superviseurs ou de vos collaborateurs.

  • Les phrases techniques
    Une phrase technique est une phrase qui contient des termes ou des expressions techniques que seuls les experts dans un domaine spécialisé ou les gens travaillant dans un secteur d’activité peuvent comprendre. On parle alors de jargon professionnel.

    Il faut éviter à tout prix ce type de phrases, parce que les gens sont mal à l’aise ou se sentent ignorants devant des mots qu’ils ne comprennent pas.

    Par exemple, la vente de produits financiers peut conduire à parler d’actif net, de transparence fiscale, de noms de produits tels le REEE. Il est donc important de parler dans la langue de votre interlocuteur, d’expliquer les détails complexes avec des mots accessibles à tout le monde et de définir les abréviations.

  • Les phrases imprécises
    Admettons que vous dites à un collègue: «Je te reviens là-dessus dès que possible.» Cette phrase reste imprécise parce qu’elle n’indique pas le moment exact où vous lui donnerez des nouvelles. Dans l’esprit de votre collègue, il peut s’agir de la fin de la journée et, dans le vôtre, il peut s’agir de la fin de la semaine. Pour éviter de créer de l’ambiguïté dans vos propos, il est préférable de préciser ce qui peut l’être lorsque cela est possible. Ainsi, la phrase deviendrait: «Je te reviens là-dessus d’ici la fin de la semaine ou d’ici la fin de la journée ou d’ici mercredi
  • Les phrases négatives
    Il est important de vous habituer à éliminer les «ne… pas» de votre vocabulaire. Vous mettrez ainsi l’accent sur le positif plutôt que sur le négatif. À titre d’exemple, au lieu de dire «Je ne peux pas vous donner un délai maintenant.», il est préférable de dire: «Je saurai demain à quel moment votre machine sera réparée.» Vous transformez ainsi un constat négatif en une proposition de solution.
  • Les phrases autoritaires
    Une phrase autoritaire est une phrase dans laquelle on trouve un verbe impératif, comme dans les phrases suivantes: «Jetez un coup d’œil à nos autres formations.», «Mettez cela par écrit.»

    Les gens réagissent négativement à une phrase autoritaire, parce que cela est souvent perçu comme un ordre, et les gens n’aiment pas recevoir des ordres.

    Il est donc important d’éviter le plus possible dans votre discours les phrases autoritaires. Dans les exemples ci-dessus, il serait préférable de dire: «Aimeriez-vous jeter un coup d’œil à nos autres formations?», «Pourriez-vous mettre cela par écrit?»

  • Les phrases assassines
    Une phrase assassine est une phrase dans laquelle l’interlocuteur peut se sentir «stupide», soit à cause du choix des mots ou du ton de la voix employé.

    Par exemple, les phrases commençant par «Pourquoi n’avez-vous pas….» ou «Vous auriez dû…» sont à éviter puisqu’elles peuvent donner l’impression à l’interlocuteur qu’il est stupide. Ainsi, au lieu de dire «Pourquoi n’avez-vous pas appelé le Service à la clientèle à propos de cette situation?» ou «Vous auriez dû appeler le Service à la clientèle à propos de cette situation.», il serait préférable de dire: «Voulez-vous appeler le Service à la clientèle à propos de cette situation?»

En bannissant de votre discours les phrases techniques, imprécises, négatives, autoritaires et assassines, non seulement vous augmenterez la qualité des relations avec les gens de votre entourage, mais vous ferez en sorte que votre vocabulaire soit efficace!

Sur ce, je vous souhaite une belle fin d’été, et ce sera avec grand plaisir que je vous retrouverai dès le début septembre pour le prochain bulletin.

La procrastination : comment s’en sortir?

Juin 2011

La procrastination est la tendance à remettre à plus tard une tâche prioritaire que l’on sait devoir accomplir maintenant. Pourquoi est-ce si important de s’en sortir? Parce que de plus en plus de gens la vivent comme un véritable problème personnel. Ainsi, selon une étude réalisée en 2010 par le Dr Piers Steel auprès de 4000 personnes, 95% des gens avouent procrastiner à l’occasion et 25% d’entre eux (soit une personne sur quatre) indiquent que cela est une tendance nette et chronique, comparativement à 4% en 1970.

Mais pourquoi procrastinons-nous? De la vaisselle sale qui déborde dans l’évier à la remise d’un rapport important, nous procrastinons pour plusieurs raisons: la tâche est ennuyeuse et déplaisante, la tâche est longue et difficile, nous avons encore plusieurs semaines devant nous avant l’échéance ou nous avons tout simplement peur de nous tromper. Cependant la raison principale pour laquelle nous procrastinons, c’est par désir du plaisir immédiat. Nous aimons nous sentir bien ici, maintenant et nous fuyons toutes les situations stressantes en les remettant à plus tard. C’est le cerveau qui fonctionne de cette façon.

Cependant il est important de combattre la procrastination, puisque cela comporte des répercussions importantes sur notre vie professionnelle et personnelle en nous rendant moins performant et moins heureux. Voici donc trois stratégies qui vous aideront à ne plus remettre à plus tard.

  1. Cultivez l’habitude du «Fais-le tout de suite!».
    L’idée ici est de changer l’habitude de «Remettre à plus tard» par l’habitude du «Fais-le tout de suite!». Pour réussir à cultiver cette habitude devant les tâches sur lesquelles vous procrastinez, il suffit de formuler une intention d’action, c’est-à-dire de décider à l’avance à quel moment et à quel endroit vous effectuerez cette tâche. Il faut être très explicite, par exemple: «Après ma pause-café, j’écrirai l’introduction de ce rapport à mon bureau.»

    Cependant, pour cultiver l’habitude du «Fais-le tout de suite!», le psychologue Timothy Pychyl mentionne, dans son livre The Procrastinator’s Digest, qu’il est important également de formuler à l’avance une deuxième intention, qu’il appelle une intention «Si… alors». Cette intention vise à ce que nous puissions bien utiliser notre intelligence émotionnelle lorsque le moment arrive d’accomplir la tâche. Voici à quoi ressemble la formulation de cette intention «Si… alors»: «Si je ressens une émotion négative face à l’action que je dois poser, alors j’y ferai face, c’est-à-dire que je ne mettrai pas la tâche de côté, que je n’arrêterai pas et que je ne fuirai pas.»

    Ainsi, pour reprendre l’exemple du rapport que vous aimeriez entamer après votre pause-café, l’intention d’action et de «Si… alors» se lirait comme suit: «Après ma pause-café, j’écrirai l’introduction de ce rapport à mon bureau. Si je ressens une émotion négative face à l’écriture de ce rapport, alors j’y ferai face, je ne mettrai pas la tâche de côté, je n’arrêterai pas et je ne fuirai pas.»

  2. Éliminez les distractions. Outre l’importance de nous engager formellement dans nos projets en formulant une intention d’action et de «Si… alors», il est important d’éliminer les tentations et les distractions pour éviter de procrastiner. Pensez donc à fermer votre logiciel de messagerie pour ne pas être distrait par les courriels et à éteindre votre téléphone pendant que vous travaillez sur une tâche devant laquelle vous avez l’habitude de procrastiner. De cette façon, en éliminant les éventuelles interruptions, vous vous donnerez la chance de terminer la tâche et de ne plus la remettre à plus tard.
  3. Récompensez-vous. Le problème avec les procrastinateurs, c’est qu’ils n’ont pas tendance à se récompenser après avoir achevé une tâche. Pourtant une récompense offerte nous permet de nous acharner jusqu’à l’achèvement d’une tâche. Il peut s’agir d’un petit compliment que nous nous adressons intérieurement, d’un café, d’un bavardage avec une connaissance ou de toute autre activité agréable. L’important est d’identifier ce qui vous procure du plaisir, de prendre le temps de vous féliciter et de célébrer votre victoire.

Ainsi, pour sortir de la procrastination, appliquez ces trois stratégies: formulez une intention d’action et de «Si… alors», éliminez les distractions et récompensez-vous. Les résultats sont garantis!

Sur ce, je vous souhaite un merveilleux été et de très agréables vacances, et ce sera avec grand plaisir que je vous retrouverai dès la mi-août pour le prochain bulletin.

Citation du mois
«N’attendez plus; le moment «idéal» ne se présentera jamais. Commencez là où vous êtes, et travaillez avec tous les outils qui vous tomberont sous la main. De meilleurs outils apparaîtront chemin faisant.», Napoleon Hill

Vaincre le trac de parler en public

Mai 2011

Vous devez livrer un exposé en public et vous avez le trac. D’abord, il est important de réaliser que vous n’êtes pas seul dans cette situation puisque la plupart des gens ressentent de la nervosité avant de donner un exposé en public. En fait, même les présentateurs les plus expérimentés connaissent le trac avant de prendre la parole devant plusieurs personnes. Par exemple, Johnny Carson a avoué s’être senti nerveux tous les soirs avant de se lancer dans son monologue lors de son émission The Tonight Show dans laquelle il a donné plus de 4000 monologues.

Mais pourquoi ressentons-nous ce trac avant de prendre la parole en public? Parce que nous désirons donner le meilleur de nous-même et que nous ne voulons pas échouer et passer pour quelqu’un d’incompétent. C’est la montée d’adrénaline du compétiteur, le désir de gagner ou la peur d’échouer qui entrent en cause.

Toutefois il faut se souvenir qu’il est bon d’avoir le trac, puisque c’est ce même trac qui nous pousse à nous préparer plus que nous ne le ferions si nous abordions une présentation de manière totalement détendue. En effet, le trac nous garde alerte, provoque en nous une montée d’adrénaline et nous permet de nous surpasser.

L’important avec le trac est d’arriver à le maîtriser pour qu’il serve de tremplin à une meilleure performance. Vous vous demandez comment vaincre le trac? Voici quelques conseils utiles en ce sens :

  • Répétez, répétez et répétez encore
    Pour maîtriser le trac, rien n’apparaît plus efficace que de répéter votre présentation. Il s’agit de la répéter à haute voix avec vos aides visuelles (si vous vous en servez lors de votre exposé). Cette préparation vous permettra de pénétrer facilement dans le vif du sujet lorsque vous prendrez la parole. Après les deux ou trois premières minutes de votre présentation, le trac aura disparu comme par magie.
  • Répétez par segments de trois à cinq minutes
    Vous risquez de vous lasser rapidement si vous répétez votre exposé du début à la fin. Répartissez plutôt celui-ci en segments de trois à cinq minutes. Travaillez ensuite chaque segment en les répétant plusieurs fois. Soignez bien vos transitions ou vos liens entre les différents segments.
    Cette approche par segments vous permettra également de corriger plus aisément votre contenu et de chronométrer plus facilement votre exposé.
  • Maîtrisez l’introduction de votre exposé
    Il s’agit ici de vous exercer à répéter plusieurs fois l’introduction de votre exposé, jusqu’à ce qu’elle coule bien. Il n’est pas nécessaire de vous obliger au mot à mot, puisque les mots peuvent changer légèrement chaque fois. L’important est surtout de vous assurer de la clarté et de la cohérence de votre introduction. Comme celle-ci sera solide, vous serez beaucoup plus à l’aise lorsque vous commencerez à parler et votre trac diminuera.
  • Gardez sur vous le plan de votre discours
    Souvent les gens ont le trac parce qu’ils craignent d’oublier leur message ou d’avoir un trou de mémoire. En gardant près de vous votre plan, vous vous munissez d’une bouée de sauvetage. De plus, le fait de savoir que vous possédez cette bouée de sauvetage réduit la peur d’oublier, donc les probabilités que votre mémoire vous joue des tours.
    Gardez toutefois à l’esprit qu’il arrive même au meilleur des présentateurs d’avoir des trous de mémoire. Tenez donc pour acquis que cela pourrait aussi vous arriver. Dans ce cas, faites une pause, jetez un coup d’œil à vos notes, rassemblez vos pensées, levez les yeux et poursuivez votre présentation.
  • Pensez au message que vous désirez livrer à votre auditoire
    Au lieu de vous concentrer sur le trac que vous ressentez, pensez plutôt à votre auditoire et au message que vous désirez lui livrer. Par exemple, vous pourriez vous dire intérieurement: «Ce message a de l’importance pour mon auditoire. Je ferai tout en mon pouvoir pour l’aider à comprendre mes propos et à se les rappeler.» Vous vous concentrez ainsi sur votre auditoire et non sur vous-même.
  • Arrivez une heure à l’avance et mêlez-vous aux gens
    Il importe ici de vous accorder du temps pour vous préparer et pour vous détendre. D’abord, prenez les 40 premières minutes pour préparer la salle, les chaises, les notes, l’équipement audiovisuel, les documents à distribuer, etc. Vous vous assurez ainsi de ne pas vous exposer à des imprévus de dernière minute, ce qui aurait pour effet d’augmenter votre stress.
    Ensuite, profitez des 20 minutes restantes avant votre présentation pour vous détendre et vous mêler aux gens. N’hésitez pas à aller accueillir les personnes présentes et à engager la conversation avec elles. Non seulement vous connaîtrez mieux votre auditoire mais vous vous donnerez la chance de découvrir des informations très utiles que vous pourriez intégrer dans votre exposé.
  • Visualisez votre réussite
    La visualisation est une technique qui consiste à s’imaginer mentalement dans une situation précise. Ainsi, quelques jours avant votre présentation, prenez le temps de vous installer confortablement dans un fauteuil et de visualiser, en fermant les yeux, tous les détails de votre exposé. Visualisez-vous en train de livrer celui-ci, de façon organisée et passionnée, sur un ton naturel, et les choses se passeront ainsi.
  • Inspirez profondément
    Avant de commencer votre exposé, prenez une grande inspiration. Le fait de respirer profondément contribue à détendre le corps et vous évite d’être essoufflé dès le début.
  • Accrochez-vous aux sourires dans la salle
    En regardant les personnes dont vous lisez l’approbation sur le visage et en ignorant les regards désapprobateurs, vous contribuerez à diminuer le trac.
  • Buvez de l’eau
    Buvez toujours un peu d’eau avant de prendre la parole. Cela vous hydratera. Étant donné que l’eau froide a pour effet de contracter la gorge, choisissez une eau à la température ambiante.

Finalement, si vous désirez apprivoiser votre peur de parler en public, n’hésitez pas à devenir membre d’un club Toastmaster International, véritable laboratoire. Dans ce club, au cours de chaque séance, les membres découvrent les différentes techniques de base de l’art oratoire en prenant la parole toutes les semaines devant une assemblée. Comme vous faites des présentations régulièrement lorsque vous faites partie d’un tel club, vous gagnez graduellement de la confiance en vous et maîtrisez votre trac de plus en plus habilement.

Sur ce, je vous souhaite un excellent mois de mai et au plaisir de vous retrouver le mois prochain.

Respectez vos rythmes biologiques

Avril 2011

Il existe une loi importante en gestion du temps que l’on appelle la loi des rythmes biologiques. Cette loi nous invite à travailler sur nos priorités lorsque notre énergie se trouve à son maximum. En effet, c’est à ce moment-là que nous atteignons notre plus haute performance.

Êtes-vous «Alouette» ou «Hibou»?
À quel moment de la journée votre énergie se déploie-t-elle au maximum? Cela dépend si vous êtes du type «Alouette» ou du type «Hibou». Les «Alouettes» sont des gens du matin ou des «lève-tôt, couche-tôt» qui sont en pleine effervescence vers le milieu de l’avant-midi et qui accouchent de leurs œuvres les plus créatives vers midi. Ils ont tendance à se lever avant 6h (sans réveille-matin) et à se coucher vers 21h. Les «Hiboux», quant à eux, sont des gens du soir ou des «couche-tard, lève-tard» qui sont plus alertes autour de 18h et qui produiraient leurs meilleurs travaux dans la soirée. Ils ont tendance à se réveiller vers 10h (avec un réveille-matin) et vont rarement au lit avant 3h.

L’idée avec les rythmes biologiques est de découvrir si votre type penche plutôt du côté «Alouette» ou du côté «Hibou». En effet, selon John Medina, dans son livre «Brain Rules» (2008), 10% d’entre nous seraient des «Alouettes»; 20%, des «Hiboux»; le reste, soit 70% des individus, se retrouveraient quelque part entre les deux. Ces rythmes sont génétiquement déterminés et seraient détectables dès l’enfance.

Prenez-vous des pauses?
La loi des rythmes biologiques soutient également que nous avons besoin de nous réserver des pauses régulièrement pour que notre énergie demeure maximale. Nous faisons référence ici aux rythmes dits «ultradiens» des rythmes biologiques.

Ainsi, au bout d’une heure et demie de travail, il a été démontré que notre efficacité décroît. Il est alors nécessaire de prendre une pause de 10 à 20 minutes. Celle-ci, loin de vous retarder dans votre travail, rechargera vos batteries et augmentera l’efficacité de votre action. Vous pourriez, par exemple, vous étirer, sortir et aspirer quelques bouffées d’air frais, déguster une collation, fermer les yeux et respirer profondément, réaliser un travail qui vous demande moins de concentration, comme le classement, le dépouillement du courrier, etc. Quand vos 10 à 20 minutes de pause sont terminées, vous constaterez que vous ressentez un regain d’énergie et que vous pourrez de nouveau vous concentrer sur un travail pour une période n’excédant pas une heure et demie.

Ne tenez pas de réunions à 15h
Dans son livre «Brain Rules», John Medina affirme que, lorsque 15 h arrive, autant les «Alouettes» que les «Hiboux» connaissent une baisse d’énergie. Par conséquent, il s’avère essentiel de ne planifier aucune réunion importante à cette heure ni aucune autre activité qui exige de la concentration.

L’auteur mentionne également que c’est le temps idéal pour profiter d’une sieste puisque c’est ce dont le cerveau a le plus besoin à ce moment-là. Cependant, comme il apparaît difficile de s’offrir une sieste en milieu organisationnel, John Medina suggère de minimiser les effets de la baisse de performance du cerveau à 15h en évitant les réunions importantes ou tout travail délicat. Il suggère plutôt de vous concentrer sur des activités de routine qui ne requièrent qu’un minimum d’énergie.

Par ailleurs, pour les personnes qui peuvent se permettre une sieste, sachez que plusieurs études ont démontré qu’elle augmente la productivité. De plus, une recherche menée à la NASA a établi qu’une sieste de 26 minutes améliorait la performance des pilotes de 34%.

En conclusion, pour respecter vos rythmes biologiques, suivez les trois stratégies suivantes: travaillez sur vos priorités le matin si vous êtes une «Alouette» ou l’après-midi si vous êtes un «Hibou», prenez des pauses après chaque heure et demie de travail et ne tenez aucune réunion à 15h.

En outre, si vous désirez organiser une réunion pour un projet important et que vous ne connaissez pas les rythmes biologiques des membres de votre équipe, évitez le soir pour les «Alouettes» et le matin pour les «Hiboux». Privilégiez plutôt un moment au milieu de la journée de travail, au courant de l’après-midi mais non à 15h.

Sur ce, je vous souhaite un beau printemps ensoleillé et au plaisir de vous retrouver le mois prochain.

Le multitâche : un obstacle à la productivité

Mars 2011

Êtes-vous un adepte du multitâche? Eh bien, une étude récente, réalisée en avril 2010 par le professeur en sciences cognitives Jason Watson de l’Université de l’Utah, révèle qu’une infime partie de personnes, soit 2,5% seulement de la population, seraient capables de réaliser deux tâches simultanément sans que cela nuise à leur concentration. Quant au 97,5% des gens restant, leur cerveau ne parvient tout simplement pas à garder son efficacité en mode multitâche.

Pour arriver à cette statistique, le département des sciences cognitives de l’Université de l’Utah a fait passer un test à 200 participants. Ces derniers devaient tester un simulateur de conduite tout en soutenant une conversation téléphonique qui exigeait d’eux un minimum de concentration.

Selon le professeur Watson «une zone particulière du cortex frontal gère l’attention accordée aux différentes tâches. Lorsque l’on tente de faire deux choses à la fois, il en résulte une sorte de compétition pour accaparer les ressources limitées du cerveau.» Voilà pourquoi il est dangereux de conduire en téléphonant. Cela explique également pourquoi le mot «productivité» ne s’applique pas à ceux qui tentent d’écrire un rapport important tout en surveillant l’écran de leur téléphone intelligent.

En effet, si les résultats de ce test présentent des applications concrètes en matière de prévention routière, ils tendraient également à démontrer que le multitâche ne serait pas un instrument de productivité au travail mais, au contraire, un facteur de dispersion.

Aussi une deuxième étude, réalisée par des chercheurs français en avril 2010 et publiée dans la revue Science, conclut que le cerveau humain n’est pas conçu pour faire plus de deux choses à la fois. Selon les conclusions de cette étude, lorsqu’une personne est confrontée à une seule activité, les deux lobes frontaux du cerveau demeurent actifs. Toutefois, lorsqu’il faut traiter deux tâches en même temps, chaque lobe frontal se voit affecté à une tâche bien précise. Cependant, dès lors qu’une troisième activité s’amorce, les chercheurs constatent une augmentation du nombre d’erreurs et un temps de réponse de plus en plus médiocre.

Un cerveau en monotâche
Ainsi les experts sont unanimes: le cerveau humain semble être résolument monotâche, à savoir qu’il est fait pour traiter une seule tâche à la fois (ou deux, à la limite).

Pourtant le concept du multitâche est bien à la mode et plusieurs personnes s’entêtent à vouloir tout faire en même temps, comme de répondre à leurs appels téléphoniques ou à leurs courriels dans la seconde. Pour les personnes multitâches, «tout est source de distraction», conclut une autre étude de l’Université de Stanford réalisée en août 2009. Les personnes multitâches figurent parmi celles qui possèdent la moins bonne capacité d’attention.

Si vous vous retrouvez dans cette manie du multitâche, voici quatre conseils que vous pourriez suivre:

  1. Reconnaissez que votre cerveau ne peut faire qu’une seule chose à la fois (ou deux, à la limite) et le faire bien. Concentrez-vous donc sur les activités les plus importantes plutôt que d’essayer de tout faire.
  2. Prenez l’habitude de rédiger une liste d’activités pour la journée, de les prioriser et de vous allouer un temps spécifique pour chaque tâche.
  3. Avant de commencer à travailler sur vos priorités de la journée, éteignez votre téléphone cellulaire, activez votre boîte vocale et résistez à la tentation de vérifier vos courriels. Rappelez-vous que cette consigne n’est appliquée que pour un temps relativement court, c’est-à-dire le temps de terminer la tâche que vous avez planifiée.
  4. Instaurez des «journées sans interruptions». Le manque d’attention et de concentration au travail représente un tel fléau que certaines entreprises ont décidé d’établir des «journées sans interruptions» pour permettre à leurs employés de se consacrer, sans être interrompus, à des projets qui exigent réflexion et concentration. C’est le cas d’Intel, aux États-Unis, qui a mené un projet pilote. Pendant sept mois, une fois par semaine pendant quatre heures, 300 ingénieurs et gestionnaires se sont isolés dans leur bureau avec un écriteau «ne pas déranger» sur leur porte. Ils ont cessé de vérifier leurs courriels et ont dirigé tous leurs appels vers une boîte vocale. Les résultats se sont avérés très positifs. Selon Intel, cette période calme a aidé les employés à améliorer leur efficacité.

Les chercheurs continuent à diriger des études sur le multitâche pour mieux en comprendre les effets. En attendant, peut-être vaudrait-il mieux s’inspirer de la citation toujours d’actualité de Didier Esrame: «Celui qui court deux lièvres à la fois n’en prend aucun.»

Sur ce, je vous souhaite un excellent mois de mars et au plaisir de vous retrouver le mois prochain.

La gestion du stress

Février 2010

Le stress fait partie de notre vie et est indéniablement là pour y rester. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit que, en 2020, les troubles reliés au stress, tels que les maladies cardiaques et la dépression, seront les deux causes principales d’invalidité chez les adultes. Pour gérer votre stress au travail et dans votre vie personnelle, voici donc trois suggestions susceptibles de vous aider.

  1. Prenez du temps pour vous chaque jour. L’idéal pour bien gérer le stress est de le reconnaître dès son apparition dans votre vie et de le contrôler sur-le-champ. La Dr Sonia Lupien, dans son livre Par amour du stress, affirme qu’il est essentiel de consacrer chaque jour une heure de son temps, seul, sans aucune stimulation (pas de musique sur les oreilles, personne à ses côtés pour parler, etc.), pour jeter un regard sur les événements stressants de sa journée. Il y a plusieurs façons de vivre cette heure en solitaire : prendre une marche, jogger, se promener à vélo, pelleter, tricoter, faire de la couture, etc.
  2. Identifiez les situations stressantes que vous avez vécues au cours de la journée. Pour identifier avec précision les situations qui vous ont causé du stress au cours de la journée, cela est très simple. Vous n’avez qu’à être conscient des pensées qui apparaissent à votre esprit lorsque vous êtes en train de prendre votre marche, de vous balader à vélo, etc. En effet, le cerveau est construit de telle façon que, lorsqu’il n’est stimulé par aucune distraction, il ramène immédiatement à votre conscience les événements de la journée qui ont généré du stress en vous. C’est d’ailleurs ce qui arrive souvent le soir lorsque vous vous apprêtez à dormir. Votre cerveau vous envoie le souvenir des situations stressantes vécues au cours de la journée et cela vous empêche bien souvent de trouver le sommeil.

    Plusieurs types de situations peuvent vous causer du stress : une surcharge de travail; des changements professionnels ou personnels; des ennuis de santé; un déséquilibre entre votre vie personnelle et votre vie professionnelle; des problèmes relationnels avec votre gestionnaire, vos collègues de travail ou les membres de votre famille; des soucis financiers; etc.
  3. Élaborez un plan pour faire face à chaque situation stressante. L’idée ici est de préparer autant de plans qu’il vous faut pour réagir à un événement stressant. À titre d’exemple, admettons qu’une surcharge de travail vous cause un stress. Votre plan A pour gérer ce stress pourrait consister à dresser un bilan de toutes vos activités dans une semaine pour essayer de voir à quel moment vous pourriez gagner du temps. Si votre plan A ne fonctionne pas, votre plan B pourrait être de discuter du problème avec votre gestionnaire. Si votre plan B ne fonctionne pas, votre plan C pourrait être de suivre une formation en gestion du temps et des priorités. En fait, lorsque vous ébauchez ainsi des plans, vous envoyez le message à votre cerveau que vous exercez un certain contrôle sur la situation. De plus, c’est exactement de ce sentiment de contrôle dont votre cerveau a besoin pour produire moins d’hormones de stress.

    Bien sûr, il existe des situations stressantes dans lesquelles vous n’avez aucune possibilité d’agir et, par conséquent, vous ne pouvez dresser aucun plan dans ces cas-là. Par exemple, si le fait que l’ascenseur ne va pas assez vite vous stresse, vous ne pouvez rien planifier, puisqu’il vous est impossible d’agir sur l’ascenseur. La stratégie à utiliser dans ce genre de situations pour gérer votre stress est de pratiquer la respiration abdominale, puisque celle-ci a le pouvoir d’arrêter la production d’hormones de stress dans votre corps. La respiration abdominale consiste à faire entrer beaucoup d’air dans votre corps, par la bouche ou par le nez, en gonflant votre ventre le plus possible en inspirant. La beauté avec cette technique est que vous pouvez la pratiquer partout : au volant de votre automobile, en réunion, au repas, etc. C’est une respiration apaisante qui diminue votre stress.

    Certes, identifier vos situations stressantes tous les jours et concevoir des plans pour les gérer est une méthode qui prend du temps. Toutefois elle a le mérite de vous aider à travailler sur votre stress quotidiennement et à le régler au fur et à mesure qu’il survient.

Citation du mois
«Résolvez un problème et vous en éloignez cent autres.» Confucius