Communiquer clairement

Septembre 2015
14552536_s Photo bulletin septembreDans un monde de travail de plus en plus rapide, on constate souvent un manque de clarté dans nos communications que celles-ci soient faites au téléphone, en personne ou par courriel.

L’auteur Bill Jensen, dans son livre The Simplicity Survival Handbook, nous propose une méthode en trois temps pour préparer nos communications et nous assurer ainsi de leur clarté : SAVOIR, FAIRE, SENTIR.

En fait, cette méthode consiste à vous mettre dans la peau de votre interlocuteur et à vous préparer avant de communiquer en répondant aux trois questions suivantes :

1. SAVOIR : « Quelle est la chose que j’aimerais que mon interlocuteur sache (comprenne, apprenne ou questionne) à la fin de la communication? » Écrivez votre réponse en une phrase maximum.

2. FAIRE : « Quelle est l’action que j’aimerais que mon interlocuteur fasse à la fin de la communication? » Écrivez votre réponse en une phrase maximum.

3. SENTIR : « Quelle est l’émotion que j’aimerais que mon interlocuteur ressente à la fin de la communication? » Écrivez votre réponse en une phrase maximum. Il s’agit ici de montrer à votre interlocuteur que vous vous souciez de ses besoins. Bien que vous ne puissiez imposer la façon dont les gens se sentent, cela vous aide à vous préparer à l’impact émotionnel de vos mots, pour peut-être en changer la livraison.

Les auteurs ont demandé à 260 employés travaillant dans de petites, moyennes et grandes organisations de tester cette méthode. Voici les avantages qu’ils y ont relevés :

• La méthode est courte et facile à utiliser. Par exemple, les gestionnaires, juste avant leurs réunions, jetaient sur papier l’objectif de leurs communications.

• La méthode est efficace. Les employés confessaient que les fois où leurs communications manquaient de clarté étaient les fois où ils n’avaient pas utilisé la méthode.

• La méthode va directement au but et permet à vos interlocuteurs de connaître rapidement ce que vous attendez d’eux. Chaque jour, vous devez communiquer à des dizaines ou des centaines ou des milliers de personnes qui vont instantanément décider si elles adhèrent ou non à ce que vous dites, et si elles doivent agir. La plupart ne vous donneront que quelques secondes pour attirer leur attention et les convaincre.

• La méthode considère l’interlocuteur comme un preneur de décision. Comme l’être humain accepte une idée tant avec sa logique qu’avec son ressenti, la méthode vous incite à formuler votre communication pour que votre interlocuteur saisisse autant la logique de votre communication (le SAVOIR de la méthode) que les sentiments reliés au message (le SENTI de la méthode).

Au début, cela pourrait vous prendre de 1 à 10 minutes pour compléter les trois étapes. Avec la pratique cependant, uniquement 45 secondes seraient nécessaires.

La méthode au téléphone
Prenons un exemple où vous auriez à préparer une communication téléphonique. Les mots peuvent être différents, bien sûr, mais voici l’essentiel du message :

SAVOIR : « Bonjour Yannick, voici ce que j’aimerais que vous sachiez… »
FAIRE : « Yannick, voici ce que j’aimerais que vous fassiez… »
SENTIR : Au téléphone, c’est avec le ton de votre voix que vous réussirez à faire ressentir à votre interlocuteur ce que vous désirez qu’il ressente. Par exemple, si vous aimeriez qu’il soit enthousiaste, vous adopterez un ton énergique et enjoué. Si vous désirez qu’il apporte une action correctrice, vous adopterez un ton de préoccupation.

La méthode en réunion
Voici un exemple de préparation d’une communication pour l’organisation d’une réunion :

SAVOIR : À la fin de la réunion, j’aimerais que mes interlocuteurs « comprennent les particularités du nouveau projet et sa contribution au succès de l’entreprise ».
FAIRE : À la fin de la réunion, j’aimerais que « les employés participent à une journée de formation sur le nouveau projet ».
SENTIR : À la fin de la réunion, j’aimerais que « mes collaborateurs soient excités par ce nouveau projet ».

Le monde du travail est ponctué d’urgences et vous n’avez souvent tout au plus que quelques minutes, voire quelques secondes, pour organiser vos pensées et formuler un message clair auprès de vos interlocuteurs. Vous devez donc trouver le plus court chemin entre ce qui est dans votre tête et ce que les autres vont voir ou entendre. La méthode SAVOIR, FAIRE, SENTIR vous aidera en ce sens.

Sur ce, je vous souhaite un bel automne et au plaisir de vous retrouver en octobre pour le prochain bulletin.

Entraîner votre cerveau – Partie 2

Août 2015
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Dans le dernier bulletin de juin/juillet, nous vous décrivions de quelle façon vous pouviez entraîner votre cerveau pour créer la vie que vous désirez en vous adonnant à une séance de réflexion de 15-20 minutes chaque matin. Dans ce bulletin, nous aimerions vous expliquer pourquoi cette séance de réflexion est importante.

Dans leur livre The Winner’s Brain, deux éminents experts sur le cerveau, Dr Jeff Brown et Dr Mark Fenske, expliquent que notre cerveau est conditionné pour le succès et qu’il est ainsi doté de cinq grandes catégories de compétences pour nous aider à créer la vie que nous voulons, soit : saisir les opportunités, connaître notre niveau de tolérance face aux risques, focaliser sur nos objectifs, avancer malgré les obstacles et reconnaître nos talents.

Chaque individu possède l’ensemble de ces cinq compétences cognitives, mais à différents degrés. Les auteurs nous invitent donc à les développer pour avoir un cerveau performant dans lequel toutes les parties travaillent ensemble pour créer des pensées, des émotions et des actions gagnantes.

Revenons maintenant à notre bulletin précédent et voyons comment cet exercice de réflexion rend notre
cerveau plus efficace.

  1. D’abord, l’exercice de méditation en soi rend le cerveau plus puissant. En aussi peu que huit semaines, selon les auteurs, des effets bénéfiques se font déjà sentir sur le stress, l’attention, la mémoire et les autres parties du cerveau.
  2. En démontrant de la gratitude pour les bienfaits de notre vie, nous concentrons ainsi notre attention sur nos talents et nos ressources physiques, spirituelles et émotionnelles.
  3. En pardonnant à toute personne qui nous a blessé, nous gérons la colère, l’agressivité, la frustration et la déception qui nuisent à notre bien-être et à l’atteinte de nos objectifs. Nous dirigeons donc nos émotions de manière productive.
  4. En offrant nos bons vœux à au moins trois personnes par jour, nous développons notre empathie et élargissons nos horizons.
  5. En entretenant des pensées positives envers tous nos projets d’avenir, nous développons notre compétence à avancer malgré les obstacles et à chercher des opportunités derrière les défis qui se présentent.
  6. En nous demandant comment nous passerons la première heure de chaque journée, nous nous concentrons sur nos priorités et nous donnons le ton à toutes les autres heures à suivre. Nous planifions par conséquent les activités importantes d’abord, soit celles qui ajoutent un sens à notre vie et à la réalisation de nos objectifs.

Les auteurs mentionnent que le succès n’a rien à voir avec des facteurs tels le quotient intellectuel, les circonstances, l’argent et le réseau de contacts. Rodin, par exemple, cet illustre sculpteur français qui a créé la sculpture Le Penseur, provenait d’une famille pauvre et a été rejeté à trois reprises par l’école des arts. En dépit des rejets constants, il a rebondi maintes et maintes fois, en utilisant chaque échec et chaque déception comme une opportunité pour alimenter ses talents et ses passions. Il a développé des qualités telles la
résilience et la motivation qui lui ont permis de focaliser sur ses objectifs et d’avancer malgré les obstacles.

Telle est la force du cerveau, et l’exercice de méditation proposé se veut un outil pour optimiser son fonctionnement.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuité d’été et au plaisir de vous retrouver en septembre pour le prochain bulletin.

Entraîner votre cerveau – Partie 1

Juin/Juillet 2015

11178363_863381323716415_1032282361663275958_nPour créer la vie que vous voulez, vous devez d’abord entraîner votre cerveau. C’est ce que vous faites, entre autres, lorsque vous éliminez les pensées indésirables qui ont le pouvoir de vous garder constamment préoccupé et distrait.

Une façon d’entraîner votre cerveau est de vous livrer, à chaque matin après vous être habillé, à une séance de 15-20 minutes, dont le but est de nettoyer votre esprit de toutes informations nuisibles.

Donc, après avoir complété vos obligations matinales (petit déjeuner, préparation des enfants pour l’école…), asseyez-vous confortablement dans votre fauteuil préféré, et procédez, dans l’ordre, aux six étapes suivantes :

  1. Détendez-vous, fermez les yeux et respirez profondément.
  2. Dites merci pour tous les bienfaits présents et passés de votre vie. L’idée ici n’est pas d’énumérer tous vos bienfaits, mais de penser à ceux qui vous viennent à l’esprit spontanément.
  3. Pardonnez à toute personne qui vous a blessé ou offensé.
  4. Offrez vos bons vœux à au moins trois autres personnes chaque jour.
  5. Entretenez des pensées positives pour tous vos projets d’avenir, pour tous vos efforts et pour toutes les
    opportunités qui se présentent à vous.
  6. Décidez comment vous allez passer la prochaine heure. Cela peut être une activité déjà prévue à votre agenda ou une autre tout à fait différente.

La raison pour laquelle il est important de vous adonner à ces six étapes, matin après matin, sera expliquée dans le prochain bulletin. Toutefois, il est fort probable que vous en découvrirez vous-même la raison au fil de vos séances.

Entre-temps, vous pouvez vous inspirer de la sculpture Le Penseur de Rodin, illustrée dans ce bulletin, qui est un parfait symbole de la façon dont le cerveau peut devenir votre atout le plus précieux pour créer la vie que vous désirez.

Si vous regardez de près ce célèbre homme musclé en profonde réflexion, vous constaterez qu’il est loin d’être un personnage passif. Au contraire, il prend en charge de manière proactive son esprit : il est penché vers l’avant, appuyant son poing contre ses dents, ses orteils autour du rocher, son corps tout entier engagé activement dans l’effort de la contemplation. Il est puissant et plein d’intentions. Il est sur le point de mettre
ses idées en mouvement. Rodin lui-même faisait remarquer ceci au sujet de sa sculpture : « La pensée fertile se développe lentement au sein de son cerveau. Il n’est plus un rêveur, il est un créateur. »

Tout comme Le Penseur de Rodin, les six étapes ci-dessus vous permettent de nettoyer et de prendre en charge votre cerveau, et ce faisant, de passer d’un état de contemplation à un état de création, transformant ainsi vos idées errantes en intentions et en actions décisives.

Sur ce, je vous souhaite un très bel été et au plaisir de vous retrouver en août pour le prochain bulletin.

L’invisible gorille

Mai 2015

CaptureTout le monde a expérimenté ce curieux phénomène où on ne voit pas un objet pourtant situé juste sous nos yeux. Cette cécité attentionnelle ou ce manque d’attention a été étudié par deux professeurs en psychologie, Daniel Simons de l’université de l’Illinois et Christopher Chabris de l’université Harvard.

Ces deux psychologues ont développé un test de l’attention où on vous demande, dans une vidéo, de compter le nombre de passes de ballon que font les joueurs en chandails blancs d’une équipe de basketball. Si vous n’avez pas déjà passé ce test, je vous invite à arrêter votre lecture ici et à aller regarder cette vidéo. Lisez les explications au-dessous de la vidéo uniquement après l’avoir visionnée.

HYPERLINK « http://www.theinvisiblegorilla.com/gorilla_experiment.html« 

C’est fait? Vous avez passé ce test? Ainsi, vous avez visionné une vidéo où une équipe de basketball se lançait un ballon dans les airs et vous avez compté le nombre de fois où les joueurs de l’équipe avec les handails blancs avaient le ballon entre les mains. Durant les échanges, une femme déguisée en gorille a traversé la scène en se tapant la poitrine. Avez-vous vu le gorille?

Cette vidéo a été créée en 1999 et, depuis, plusieurs personnes l’ont visionnée. Résultat? Toutes les fois, au moins 50 % des gens ne voient pas le gorille. Pourquoi? L’explication est que les gens sont tellement concentrés à calculer le nombre de passes qu’ils deviennent aveugles à tout autre événement inattendu même si celui-ci est aussi évident qu’un gorille.

Les chercheurs ont fait une autre vidéo en 2010 intitulée « The Monkey Business Illusion ». Les mêmes conclusions s’imposent : une majorité de gens ne voient pas les événements inattendus lorsqu’ils sont concentrés sur une tâche.

HYPERLINK « http://www.theinvisiblegorilla.com/videos.html#studyvids« 

Pourquoi certains voient-ils les événements inattendus (le gorille) et d’autres non? Les auteurs ont découvert que cela n’a rien à voir avec l’intelligence, la personnalité ou le sexe. Cela dépend plutôt du type d’événement inattendu que vous rencontrez et de votre expérience.

À titre d’illustration, les auteurs ont fait une autre étude dans le métro de Washington où ils ont demandé à un violoniste renommé, Joshua Bell, gagnant de plusieurs prix, de jouer de la musique classique. Ainsi, un vendredi matin, durant les heures d’affluence, Joshua Bell se plaça à une sortie de métro près d’un escalier roulant, sortit son violon Stradivarius de 3 millions de dollars, déposa l’étui du violon à ses pieds, y déposa un peu de monnaie et commença à jouer. Au cours de sa performance de 45 minutes, plus de 1 000 personnes sont passées à quelques pieds de lui, mais seulement 7 d’entre elles se sont arrêtées et ont donné un total de 32,17 $.

Pourquoi ce musicien de renommée internationale est-il passé inaperçu? Parce que les gens se concentraient à se rendre au travail (tout comme vous étiez concentré à compter le nombre de passes de ballon) et non à rencontrer un violoniste de renommée internationale (un gorille dans le test des ballons). Parmi les 7 personnes qui ont remarqué le violoniste, certains avaient assisté à son concert trois semaines auparavant et les autres étaient violonistes eux-mêmes. Par conséquent, la situation (le fait d’avoir assisté à un concert du violoniste) et leur expertise du violon ont fait que ces 7 personnes ont été en mesure de diriger leur attention vers cet événement inattendu (le gorille dans le test des ballons).

Si vous êtes de ces personnes qui ont vu le gorille, cela ne veut pas dire que vous êtes à l’abri de la cécité attentionnelle et que vous verrez toujours les événements inattendus. Cela dépendra toujours de la situation et de votre expertise.

Que pouvons-nous donc faire face à la cécité attentionnelle? D’abord, prendre conscience que lorsque nous concentrons notre attention sur quelque chose, inévitablement, il y aura des événements inattendus qui nous échapperont. C’est la façon dont notre cerveau fonctionne. Par exemple, tenir une conversation sur notre cellulaire au volant prend une partie de notre attention (comme compter le nombre de passes de ballon) et diminue nos capacités à faire face à un événement inattendu qui se présenterait sur la route (tel le gorille).

Ensuite, une autre façon de faire face à la cécité attentionnelle est de prendre des mesures pour ne pas voir uniquement ce qu’on s’attend à voir. Par exemple, dans la majorité des accidents de la route entre voitures et deux-roues, quand on interroge la personne qui était au volant de la voiture, elle expliquera qu’elle n’a pas vu la moto (ou le vélo) et que le deux-roues est sorti de nulle part. En fait, c’est le même principe que la vidéo : la personne au volant s’attend à voir des voitures sur la route et son attention est focalisée là-dessus (compter le nombre de passes). La moto ou le vélo, c’est le gorille, et le cerveau n’a même pas « perçu » ce deux-roues alors qu’il était pourtant aussi visible que ce gorille au milieu du groupe qui joue au ballon.

La cécité attentionnelle, c’est aussi les opportunités qui se présentent dans notre quotidien et que nous ne voyons pas parce que nous sommes trop concentrés sur autre chose. Prendre des mesures pour ne pas voir uniquement ce qu’on s’attend à voir, c’est également se placer dans un état de réceptivité pour remarquer les perceptions des autres, les opportunités et les défis dans son équipe.

Finalement, au travail, la cécité attentionnelle veut dire que si vous focalisez votre attention sur une tâche qui vous intéresse (compter le nombre de passes), cela sera beaucoup plus facile d’ignorer les distractions (le gorille), tels un environnement bruyant et des gens qui circulent autour de votre aire de travail.

Sur ce, je vous souhaite un beau printemps et au plaisir de vous retrouver en juin pour le prochain bulletin.

Suggestion de lecture
The Invisible Gorilla, Christopher Chabris et Daniel Simons, 2009.

Méditer au travail en six étapes

Avril 2015

avril15De plus en plus d’entreprises s’intéressent à la méditation. En effet, plusieurs études ont démontré que les bienfaits de la méditation se manifestent non seulement sur la diminution du stress des employés mais également sur leur productivité.

Une des dernières études a été réalisée par l’UQAM auprès d’employés travaillant dans un centre d’appels. Pendant trois semaines, chaque employé devait méditer pendant 10 minutes en arrivant le matin et 5 minutes après le dîner. Résultats? Le niveau de satisfaction de la clientèle qui avait affaire avec ces employés a augmenté  de 5 %. Quant aux employés, ils étaient moins stressés, moins anxieux, moins fatigués et affichaient moins de pensées négatives.

Mais comment méditer au travail? Voici une méthode en six étapes.

1. Choisir un endroit calme
Pratiquez votre méditation dans un environnement calme, silencieux, à l’abri des dérangements et où la température est agréable.

2. S’asseoir confortablement
Asseyez-vous sur une chaise à dos droit sans appuyer le dos si possible (afin de réduire le risque de somnolence), dans une posture qui incarne la dignité, la force tranquille, la paix, la sagesse. Déposez les mains sur les genoux, ou sur les cuisses, les paumes tournées vers le bas (les paumes tournées vers le bas incitent au regard intérieur, au recueillement, au retour à soi). Posez les pieds à plat, sans les croiser. Vous serez ainsi assis d’une manière détendue avec la juste dose d’énergie pour vous tenir droit. Rigueur sans rigidité.

3. Fermer les yeux
Fermez les yeux. Vous pouvez aussi les laisser ouverts et les diriger vers le bas, en adoptant un regard vague. Ne fixez surtout pas l’écran de votre ordinateur si l’image de veille bouge sans cesse.

4. Méditer
Méditer, c’est vous concentrer sur votre respiration. Ainsi, une fois l’endroit et la posture choisis, prêtez attention à votre souffle. N’essayez pas de modifier votre respiration, ni de la contrôler d’une façon ou d’une autre. Observez simplement votre souffle, tel qu’il est : ressentez votre inspiration, laquelle est suivie d’une pause brève, puis votre expiration, suivie d’une autre pause. Pour vous aider à rester concentré sur votre respiration, vous pourriez dire mentalement « J’inspire » lorsque vous inspirez et « J’expire » lorsque vous expirez.

5. Noter quand votre esprit s’égare
Quand vous constatez que votre esprit s’égare et que vous n’êtes plus concentré sur votre respiration, prenez-en simplement conscience en mentionnant intérieurement le mot « pensée » et revenez à votre souffle. Durant certaines sessions, il vous semblera que c’est tout ce que vous faites : noter que vous êtes égaré et revenir à votre souffle. Noter et vous ramener. Noter et revenir à votre souffle : avec douceur et fermeté. Voilà l’entraînement de la méditation.

6. Terminer par de grandes respirations
Avant de terminer votre séance de méditation (à chacun de choisir la durée qui lui convient – ce n’est pas tant la durée de la méditation que la régularité qui importe), prenez trois grandes respirations, ouvrez ensuite les yeux s’ils étaient fermés, étirez-vous et démarrez une nouvelle activité.

Vous constaterez assurément les effets positifs de la méditation sur votre stress et votre anxiété si vous méditez chaque jour. Cependant vous remarquerez également que cela vous permettra de ralentir et d’être davantage dans le moment présent.

Mais comment intégrer la méditation au travail? Voici quelques mesures simples. Installez des capsules audio directement à votre poste de travail, comme ce fut le cas pour l’étude faite auprès du centre d’appels. Encouragez-vous à prendre des pauses. La concentration optimale n’est pas possible huit heures de suite, si bien qu’il est bénéfique de s’accorder de petites pauses pour méditer. Prenez quelques minutes pour méditer avant une réunion. Cela vous permettra d’être frais et dispos pour la rencontre au lieu de traîner le stress des autres tâches effectuées au cours de la journée.

Le but ultime de la méditation vise le mieux-être des employés devant un monde du travail de plus en plus surchargé et effréné. Si, en prime, l’entreprise peut devenir plus performante, ce sera au bénéfice de tous!

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en mai pour le prochain bulletin.

Présenter des excuses sincères

Mars 2015

unnamedUne étude réalisée par trois chercheurs japonais a démontré que des excuses, même bien formulées, ne réussiront pas à rétablir l’harmonie si elles ne sont pas sincères et si elles ne parviennent pas à toucher le cœur de la personne blessée.

L’art de s’excuser ou le shazai est très pratiqué par les Japonais en matière de management et de ressources humaines. Les Japonais croient que des excuses sincères permettent de nous réconcilier et non pas de nous déchirer, comme nous avons trop tendance à le faire lors d’un différend.

Dans son livre On apology, Aaron Lazare, ex-doyen et professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’Université du Massachusetts, présente les quatre étapes à suivre pour formuler des excuses sincères.

  1. Reconnaissance

Il s’agit d’abord de reconnaître non seulement les torts causés par notre faute, mais aussi la personne qui en est victime.

L’une des principales raisons pour lesquelles nos excuses ne donnent pas les résultats escomptés, c’est qu’elles sont énoncées de façon trop vague à la personne qui a été offensée, telles que : « Je suis désolé pour ce qui est arrivé hier » ou « Je vous demande pardon pour ce qui est arrivé ».

Au contraire, les excuses que nous présentons à la personne blessée doivent être précises, telles que : « Je suis désolé si je vous ai embarrassé devant les autres » ou « Je suis désolé d’avoir brisé votre vase ». En étant précis dans nos excuses, nous donnons ainsi la possibilité à la personne de s’exprimer et de nous confirmer si cela représente bel et bien une offense pour elle.

2.  Regret

Deuxièmement, il faut exprimer nos plus profonds regrets à la personne offensée et lui montrer à quel point nous sommes nous-mêmes blessés par ce qui est arrivé. C’est comme si, pour paraître authentiques, nos excuses auraient besoin d’être accompagnées de regrets.

S’excuser est un acte d’humilité puisque nous reconnaissons avoir commis une erreur avec nos plus profonds regrets. C’est justement cette humilité qui permet à la personne offensée de retrouver sa dignité.

Des expressions telles que « Les mots ne suffisent pas pour exprimer à quel point je suis désolé… » ou « Si j’étais capable de revenir en arrière et d’effacer ce qui a été fait, je le ferais ».

3.  Explication

Troisièmement, il ne faut pas tenter de nous justifier, mais plutôt expliquer les véritables raisons qui nous ont poussés à commettre une faute.

En effet, les personnes blessées perçoivent souvent les excuses comme nsatisfaisantes si elles ne sont pas accompagnées d’explications. À la limite, les excuses sans explications peuvent même représenter une insulte supplémentaire. En comprenant pourquoi la faute a été commise, les personnes blessées peuvent alors arrêter de spéculer sur ce qui est arrivé.

Par exemple, si vous êtes invité à un souper pour 18 h et que vous ne vous y êtes pas présenté, dites alors à la personne ce qui est arrivé comme : « J’ai voulu faire une sieste juste avant de me rendre chez toi et comme j’avais passé la nuit debout la veille pour prendre soin de ma fille malade, j’ai passé tout droit et je ne me suis réveillé qu’en fin de soirée ». L’hôtesse a ainsi pu réaliser que l’absence de son invité n’était pas due à un manque de considération de sa part, mais bien au fait qu’il était épuisé et qu’il ne s’est pas réveillé de sa sieste.

L’auteur nous invite également à prêter attention aux explications inadéquates que nous pourrions être tentés d’utiliser dans le but de diminuer notre responsabilité : « J’étais trop stressé », « J’étais préoccupé », « Je suis humain », « Je n’ai pas une bonne mémoire », « Je n’étais pas moi-même », « J’étais en colère après quelqu’un d’autre », « Je ne pensais pas correctement », etc. Lorsqu’il n’y a pas d’explications à une offense, ce simple mot pourrait suffire : « Je suis désolé, je suis responsable et je le regrette sincèrement. Je n’ai aucune excuse. » La personne blessée voit alors votre sincérité et perçoit que vous n’essayez pas de vous dérober de vos responsabilités.

4.  Réparation

Il faut finalement réparer les dégâts, autant que faire se peut. En effet, offrir une réparation montre à l’autre que nous prenons l’offense au sérieux et que nous sommes prêts à poser une action pour compenser. Quand une réparation est possible et que nous ne passons pas à l’action pour arranger les choses, le fait de présenter des excuses sincères aux étapes précédentes ne donnera pas de résultats et ne permettra pas une réconciliation.

La réparation peut consister à remplacer un vase que nous avons brisé, une caméra que nous avons perdue, un vêtement que nous avons taché, etc. Lorsque l’offense est intangible, telle qu’une insulte ou une humiliation, nous pourrions la réparer de façon symbolique, par exemple, en invitant la personne à dîner ou en lui offrant des billets pour un spectacle. Si rien ne nous vient à l’esprit, nous pourrions simplement demander à la personne : « Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour réparer? »

Présenter des excuses a pour but de rétablir l’harmonie au sein d’une relation ou au sein d’un groupe où règne la discorde. Pour qu’elles donnent des résultats cependant, les excuses doivent être sincères, c’est-à-dire, qu’elles doivent venir du cœur et parvenir à toucher celui de la personne blessée.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en avril pour le prochain bulletin.

Et si vous preniez du recul ?

Février 2015

unnamed (1)Nous avons tous des tâches difficiles à réaliser au travail et dans notre vie personnelle. Il peut s’agir de régler un conflit avec un collègue, de lancer un nouveau produit, de réduire les dépenses, d’acheter une automobile, de choisir un service de garde pour les enfants ou de planifier des vacances en famille.

Selon une étude faite en 2011 par deux professeurs de marketing, Manoj Thomas de l’Université Cornell et Claire I. Tsai de l’Université de Toronto, il existerait un truc simple et efficace pour nous faciliter la vie dans ces tâches complexes. Il suffirait de prendre un léger recul physique pour que soudainement la difficulté ressentie par rapport à ces tâches disparaisse.

Dans cette étude, intitulée « Psychological Distance and Subjective Experience : How Distancing Reduces the Feeling of Difficulty », M. Thomas et Mme Tsai ont demandé à une centaine d’étudiants de lire à haute voix des séries de mots complexes apparaissant à l’ordinateur. Tous les étudiants devaient le faire en restant le dos bien appuyé au dossier du fauteuil. Parfois, le dossier était incliné vers l’avant (ce qui approchait le visage de l’écran), d’autres fois, le dossier était incliné vers l’arrière (ce qui éloignait le visage de l’écran).

Les résultats ont été impressionnants. Les étudiants qui étaient penchés vers l’arrière, pour conserver une distance de 38,8 pouces entre leurs yeux et leur écran d’ordinateur, ont trouvé plus facile la prononciation des mots complexes, comparativement à ceux qui étaient penchés vers l’avant et dont les yeux restaient à 12,5 pouces de l’écran.

Pourquoi? Les auteurs expliquent que l’augmentation de la distance physique devant une tâche complexe augmente aussi la distance psychologique et nous permet de percevoir la tâche comme étant moins difficile. C’est comme si l’esprit interprétait que la tâche vue d’une distance plus grande était plus facile.

Les auteurs nous invitent aussi à considérer d’autres façons de créer une distance psychologique par rapport à nos difficultés, comme adopter le point de vue d’une autre personne ou nous imaginer prendre une décision pour un futur lointain.

De plus, les résultats de l’étude ont permis de constater que les étudiants qui bénéficiaient d’une plus grande distance par rapport à leur écran d’ordinateur ressentaient également beaucoup moins d’anxiété que les autres à l’égard d’une tâche complexe.

Ainsi, la prochaine fois que vous serez confronté à une tâche ardue ou à une décision délicate, prenez du recul! Vous constaterez que non seulement vous percevez la tâche comme étant plus facile à réaliser mais que vous êtes également moins anxieux.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en mars pour le prochain bulletin.

La haute qualité relationnelle

Janvier 2015

unnamedNous avons tous des relations interpersonnelles de qualité à entretenir au travail et dans notre vie personnelle. Christophe Médici, dans son livre La Haute Qualité Relationnelle, mentionne qu’il y a sept ingrédients indispensables pour développer des relations mutuellement enrichissantes avec les autres.

Les cercles de qualité relationnelle (CQR)

L’auteur nous invite d’abord à dresser un portrait de tous les gens avec qui nous transigeons à l’aide des quatre cercles de la photo ci-contre. Ces cercles représentent nos cercles de qualité relationnelle (CQR).

L’idée de ces cercles démontre que nous tissons trois types de liens dans nos vies respectives, différents par leur intensité et par leur importance : des liens forts, des liens moyens et des liens faibles.

  1. Le cercle du centre est composé des êtres avec qui nous tissons des liens forts d’amour et d’amitié et avec qui nous nous sentons les plus proches. On le nomme « cercle de tendresse ». Vous y inscrivez ainsi les gens qui font partie de votre vie intime : conjoint, enfants, parents, amis, etc. Ils sont importants pour votre équilibre.
  2. Le deuxième cercle est composé des copains et des copines que nous aimons bien, mais qui ne sont pas des amis. Nous avons tissé avec eux des relations de sympathie et des liens de moyenne intensité. On le nomme « cercle de bonne entente ».
  3. Le troisième cercle est composé des individus que nous sommes tenus de côtoyer au quotidien, que nous ne choisissons pas de fréquenter et avec qui nous tissons de faibles liens. On parle ici de collègues de travail, de membres d’une classe, d’un groupe quelconque, par exemple d’une activité extraprofessionnelle que nous pratiquons. À la différence de ceux composant les deux premiers cercles, leur présence nous est imposée. On l’appelle « cercle des relations imposées ».
  4. Le quatrième cercle, enfin, est le « cercle des mini-relations ». Au quotidien, il nous arrive à tous de parler à notre boucher, à notre boulanger, à notre marchand de journaux. Ce sont là de micro-relations, mais elles existent et influent parfois sur notre moral et sur le déroulement de notre journée.

Ces liens que nous avons tissés au fil du temps, représentés par les quatre cercles, constituent notre constellation relationnelle. Elle est unique, dans la mesure où elle nous est propre. On recommande de la réactualiser chaque année en vue de faire le point.

Le journal d’écologie relationnelle

Pour bâtir au fil du temps des relations mutuellement enrichissantes avec notre constellation relationnelle, l’auteur nous suggère d’écrire chaque jour, dans un journal, nos comportements et nos observations concernant notre cheminement vers une haute qualité relationnelle.

Les sept ingrédients d’une haute qualité relationnelle – SAGREER

Sept ingrédients sont essentiels pour développer une haute qualité relationnelle avec notre entourage au travail et dans notre vie personnelle. Ce sont ces ingrédients qui installent une ambiance calme, sereine et tranquille.

Ces sept ingrédients se dessinent comme suit : souplesse, accueil, gentillesse, respect, empathie, expressivité et capacité de réguler. En prenant la première lettre de chacun de ces sept ingrédients, cela forme le mot « SAGREER ». Voici une brève description de chacun de ces sept ingrédients.

Souplesse : être ouvert aux situations nouvelles et aux propositions des autres – nous entraîner à la logique du pourquoi pas? – élever notre seuil de tolérance : par exemple, si vous êtes une personne calme et que vous aimez les échanges pondérés, exercez-vous à supporter les excès d’expression d’une personne extravertie lorsque vous êtes en sa présence.

Accueil : accueillir les autres à leur arrivée – vivre des relations individualisées avec les gens – avoir des relations face à face – prendre en considération les diverses demandes au quotidien qui passent par de petites attentions; par exemple, répondre à quelqu’un qui nous demande son chemin, donner l’heure – faire sentir à l’autre qu’il existe pour nous; par exemple, tenir une porte dans un endroit public, nous pousser si quelqu’un vient s’asseoir près de nous dans l’autobus ou le métro, écouter une personne qui veut échanger deux minutes.

Gentillesse : envoyer des messages positifs aux autres – complimenter autrui – rendre service – troquer notre savoir-faire; tout le monde n’a pas les mêmes talents – nous souhaiter mutuellement bonne fête – rendre de menus services aux personnes croisées dans le quotidien, et de bon cœur.

Respect : respecter les besoins, le rythme et l’espace personnel des autres – respecter les points de vue exprimés par les autres même si nous ne les partageons pas.

Empathie : écouter l’autre – comprendre ses points de vue, ses émotions, ses besoins – exprimer notre bienveillance à son égard.

Expressivité : affirmer notre position, notre point de vue, notre vision, nos valeurs, nos croyances – formuler nos demandes.

Capacité de réguler : gérer les conflits – éliminer les malentendus qui s’installent entre deux personnes à cause de propos « mal entendus ».

Au travail, l’importance d’établir une haute qualité de relations avec les clients, les gestionnaires, les membres de notre équipe et les collègues n’est plus à démontrer. Le SAGREER se veut une corde à notre arc pour créer un impact positif auprès de nos relations professionnelles et pour développer des relations durables.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en février pour le prochain bulletin.

Doublez votre productivité avec la loi de Parkinson

Novembre 2014

unnamed (1)Se fixer une heure ou une date d’échéance La loi de Parkinson affirme que l’on a tendance à prolonger un travail pour qu’il occupe tout le temps dont on dispose. Par exemple, si vous désirez faire le ménage de votre garage aujourd’hui et que vous avez toute la journée devant vous pour cela, la loi de Parkinson prévoit que vous prendrez toute la journée.

La loi de Parkinson montre également que vous pouvez écourter le temps passé à faire le ménage de votre garage en fixant simplement une heure d’échéance à cette activité. Ainsi, avant de commencer votre ménage, il suffit de vous demander : « Combien de temps cela me prendra-t-il pour faire le ménage de mon garage? » Si la réponse est « trois heures » et que vous commencez à 9 h, vous pourrez alors déclarer : « Je ferai le ménage de mon garage aujourd’hui de 9 h à 12 h. »

Cette loi s’applique à tout travail que vous avez à réaliser : lettres, réunions, rencontres, appels téléphoniques, rapports, planification, délégation, traitement des courriels et autres. Il s’agit simplement de déterminer une heure pour le début de l’activité et une heure pour la fin de celle-ci, et le tour est joué. Certains clients nous ont mentionné avoir utilisé cette loi avec succès pour terminer leur journée de travail plus tôt et ainsi ne plus faire de temps supplémentaire.

Se fixer des délais plus courts

La loi de Parkinson mentionne également que plus vous vous fixez des délais courts pour accomplir un travail, plus vous serez efficace.

C’est ce que faisait régulièrement Balzac. Il promettait des manuscrits à des éditeurs à des dates quasiment impossibles à respecter et il réussissait à écrire des chefs-d’œuvre de 300 pages en 2 semaines. Il y a là évidemment une grande part de talent et de métier, mais nous pouvons tous travailler vite et bien en réduisant les délais pour terminer un travail.

C’est la magie de la date limite rapprochée. Lorsque vous avez 24 heures pour réaliser un projet, vous n’avez d’autre choix que de vous concentrer sur l’essentiel et de focaliser toute votre attention sur ce projet. Prendre une semaine pour réaliser le même projet aurait pu vous donner le temps de faire une montagne avec un rien et prendre deux mois aurait pu créer un monstre mental.

Ainsi, si vous voulez terminer en une heure ce que vous effectuez généralement en trois heures, faites exactement comme si vous n’aviez qu’une heure pour le faire, pourvu que cela soit matériellement réalisable. Vous créez ainsi un sentiment d’urgence artificielle, et la partie inconsciente de votre cerveau vous apportera des moyens créatifs pour accomplir cette tâche trois fois plus vite.

En conclusion, la loi de Parkinson démontre que le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche est beaucoup plus élastique qu’on ne le croit généralement. Faites-en l’expérience! Fixez-vous des délais plus courts et vous constaterez que vous pourrez accomplir davantage sans sacrifier la qualité.

Sur ce, je vous souhaite une belle continuation et au plaisir de vous retrouver en décembre pour le prochain bulletin.

Le ratio de Losada

Septembre 2014

Ratio de Losada

Qu’est-ce qui fait que certaines équipes de travail sont épanouies et d’autres, non? L’une des réponses a été donnée par Marcial Losada, un psychologue travaillant sur le développement des équipes de haute performance.

Lui et ses collaborateurs ont analysé, en 2004, 60 entreprises différentes dans l’intention d’écouter les conversations lors de réunions d’équipes de travail. Un tiers de ces entreprises étaient prospères, un tiers s’en tiraient bien et un tiers éprouvaient des difficultés. Aux fins de l’étude, chaque équipe de travail devait se réunir dans une salle de réunion spécialement aménagée à cet effet : les chercheurs se tenaient derrière des miroirs sans tain et pouvaient donc observer à loisir toutes les interactions.

Durant ces réunions, toutes les prises de parole ont été soigneusement répertoriées puis classées en deux catégories : positives ou négatives. Par exemple :

Ratio de Losada

Losada s’est aperçu que la proportion de prises de parole positives par rapport aux négatives était radicalement différente selon l’équipe considérée. Les équipes hautement performantes se caractérisaient par un rapport d’environ six interactions positives pour une seule négative. Les équipes de performance moyenne affichaient un score proche de deux positives pour une négative. Quant aux équipes très peu performantes, leur score ne dépassait pas les 0,35, soit environ trois fois plus de paroles négatives que positives.

Grâce à de savants calculs, Losada a réussi à identifier le rapport critique : 2,9 paroles positives pour chaque parole négative. En dessous de ce seuil, les équipes ont tendance à stagner et à être peu performantes. Au-dessus, leurs membres s’épanouissent et la rentabilité est au rendez-vous. Ainsi:

Épanouissement au travail si : Ratio de Losada_équation

Ce concept fut ensuite élargi afin d’introduire la zone de Losada. Il s’agit des ratios compris entre 2,9 et 11,6 où les équipes présentent les meilleures performances.

Toutefois, les chercheurs ont aussi montré que la technique de la positivité avait ses limites. Un ratio de 13 mots positifs contre 1 mot négatif faisait perdre toute crédibilité.

Lorsqu’on applique la même technique aux couples, dont on écoute les conversations pendant des week-ends entiers, John Gottman, professeur en psychologie, s’est rendu compte que le ratio de 2,9 mots positifs pour un mot négatif mène droit au divorce. C’est plutôt vers un ratio de 5 énoncés positifs pour chaque critique négative qu’il faut s’orienter pour un couple solide et aimant. Ainsi :

Épanouissement dans le couple si : Ratio de Losada_équation_couple

Ainsi, un ratio de 3/1 est le seuil capital du bien-être d’un individu dans les organisations, à savoir que nous avons besoin de 3 interactions positives pour 1 négative en vue de se sentir bien. En couple, c’est plutôt un ratio de 5/1 qui est le seuil capital, c’est-à-dire que nous avons besoin de 5 compliments, marques d’affection, gestes de tendresse pour chaque critique, reproche afin d’être heureux en ménage.

Respectez-vous le ratio de Losada? Afin de connaître la réponse, remémorez-vous ce que vous avez dit aujourd’hui à vos collègues, à votre conjoint, à vos enfants, à vous-même.

Sur ce, je vous souhaite un très bel automne et au plaisir de vous retrouver en octobre pour le prochain bulletin.